Comme à l’accoutumée, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) se remet à faire parler d’elle à la veille de chaque 1er mai, brandissant les mêmes slogans et les mêmes étendards d’un syndicat complètement acquis aux positions socioéconomiques du gouvernement.

Pour le syndicat de Abdelmadjid Sidi-Said, il s’agit là d’une constance à laquelle il n’est pas près de renoncer, quitte à prendre à sa charge l’essentiel des critiques et du désengagement des milliers des travailleurs. S’imposant, hier, en tête d’une liste du ministère du Travail qui recensait l’ensemble des syndicats répondant aux critères de représentativité conçus par ledit département ministériel, l’UGTA en a fait un élément de fierté et un facteur de mobilisation de ses effectifs.
Les résultats de l’enquête publiée par le ministère du Travail permettent de faire des lectures au-delà de ces éléments de sondage qui ne listait que les organisations syndicales ayant tenu à répondre au questionnaire qui leur a été adressé. Trente organisations syndicales de travailleurs sur 65 ont répondu favorablement aux demandes de renseignements publiées sur le site officiel du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale sur la représentativité, dans le délai légal, soit le 31 mars 2018, a indiqué hier le ministère dans un communiqué. Le ministère a rappelé que 17 sur les 30 organisations syndicales ont adhéré et ont transmis les éléments de la représentativité, selon les nouvelles formalités, en renseignant et en transmettant les informations, soit en téléchargeant le nouveau canevas d’information à partir du site officiel du ministère, ou dans le CD ROM qui leur a été transmis. Sans surprise, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), présidée par Sidi-Said Abdelmadjid, arrivait en tête des syndicats les plus représentatifs, selon les critères définis par le ministère du Travail.
Le succès de l’UGTA auprès des pouvoirs public se fonde sur un principe à deux piliers : c’est celui de l’appui indéfectible aux positions socioéconomiques du gouvernement, en jouant sur les deux cordes de l’équilibrisme et du statu quo.
Cela suffit pour s’assurer des bonnes grâces des pouvoirs publics, voire de ce statut de syndicat privilégié dont jouissait l’UGTA depuis toujours. Les slogans, non plus, n’ont pas bougé d’un iota, entremêlant depuis toujours nationalisme politique et attachement aux valeurs socialistes, ne se gênant aucunement à s’accommoder aux exigences de la sempiternelle transition que l’économie algérienne peine à réussir, voire à l’impératif d’ouverture sur le capital privé.
Preuve en est, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a annoncé, hier, qu’elle consacrera la célébration du 1er mai, fête internationale du travail, à travers tout le territoire national, au thème de « la souveraineté économique et la promotion de la production nationale ».
« Conscients de cet enjeu, les travailleuses et les travailleurs sont mobilisés et solidaires pour porter la promotion de l’industrie nationale, moteur de la production nationale, facteur de création d’emplois et d’amélioration du pouvoir d’achat », assure la centrale syndicale dans un communiqué diffusé, hier, affirmant qu’elle demeure « fidèle aux valeurs républicaines et à celles du mouvement syndical». La direction nationale de l’UGTA a appelé, dans ce cadre, tous les travailleurs et travailleuses à «se mobiliser pour la sauvegarde de notre souveraineté économique chèrement acquise ». En réalité, la souveraineté économique dont parle l’UGTA n’a jamais été aussi fragile tant il est vrai qu’elle est tributaire du niveau du baril de pétrole. Les revenus tirés de la commercialisation des hydrocarbures ont baissé d’environ 50%, mettant à rude épreuve les capacités du pays à couvrir ses besoins alimentaires et en équipement importés de l’extérieur pour une bonne partie.
L’UGTA fait bien d’insister néanmoins sur l’enjeu de promouvoir l’industrie et la production nationale, en ces temps de tensions financières, seules capables de réduire un tant soit peu la dépendance de l’étranger. Si de telles campagnes sont essentielles en ce moment pour que la notion du travail puisse retrouver ses lettres de noblesse, le gouvernement sait qu’il peut compter sur son partenaire, l’UGTA, pour le faire.