PAR INES DALI
Le nombre des contaminations au coronavirus (Covid-19), qui s’est maintenu sous la barre de 1 000 cas quotidiens durant cinq jours consécutifs, ne peut constituer un motif pour baisser la garde, de l’avis des professionnels de la santé. Certes, cette baisse constatée sur plusieurs jours a permis la reprise de la scolarisation, dimache, au niveau des trois paliers de l’éducation nationale, mais ne devrait pas être assimilée à une extinction progressive du virus. Ce serait erroné qu’un tel message parvienne à la population qui se distingue déjà par un relâchement quasi-général, à quelques exceptions près, cela d’autant que la vaccination reste à un niveau assez bas, ne permettant pas l’immunité collective tant espérée.
Le virus continue de circuler et pas seulement en Algérie, mais à l’échelle planétaire. Le Directeur général de l’Institut Pasteur Algérie (IPA), Fawzi Derrar, a, encore une fois, tenu à rappeler cette vérité, à savoir que la lutte contre la pandémie de la Covid-19 n’est pas encore finie.
Après la quatrième vague en Algérie et la cinquième en Europe, il est probable que d’autres apparaissent à l’avenir, a-t-il indiqué, insistant que «notre pays, comme d’autres dans le monde, sera peut-être confronté à d’autres vagues de contamination à la Covid-19 dans les mois à venir». «Nous sommes dans une phase descendante. C’est ce qui a fait dire à des spécialistes que nous avons certainement dépassé le pic de cette quatrième vague, et c’est ce que nous souhaitons», a affirmé, pour sa part, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid. Il se dit, toutefois, «inquiet par le nombre de décès», car il «ne va pas baisser dans l’immédiat» étant donné qu’il reste encore «une quarantaine de malades graves intubés en réanimation». Selon les données actuelles sur la pandémie, «on peut dire que nous sommes en phase de sortie du pic», a déclaré, samedi, le Directeur général de l’IPA, ajoutant que «le plus difficile, en cette quatrième vague, est à présent derrière nous». Il a noté que les nouvelles infections sont quasiment dominées par le variant Omicron – moins dangereux mais plus contagieux que Delta – dont les proportions dans le total des infections sont de 93%, alors que le variant Delta est en train de s’éteindre et ne représente que 7% actuellement. Concernant la vaccination, elle reste toujours le moyen le plus efficace dans la lutte contre cette pandémie. «La vaccination protège à hauteur de 60% les patients entrant en soins intensifs et à 90% lors de la réception de la troisième dose, a-t-il souligné, relevant qu’elle permet, par ailleurs, de diminuer la contamination entre les personnes.
Le ministre de la Santé a, quant à lui, fait montre de son regret de voir autant de réticence persister, rappelant que 30% seulement de la population de plus de 18 ans éligible à la vaccination a reçu les 2 doses. Quant à la 3e dose, le taux ne dépasse pas 1%, a-t-il déploré.
Avec le variant Omicron, il est apparu que les anti-Covid-19 ont une efficacité moindre par rapport au virus, c’est ce qui a fait, d’ailleurs, que l’inoculation de la 3e dose ait été préconisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) quatre mois après la 2e dose contre 6 mois préconisés auparavant, a expliqué le Pr Benbouzid. Il a signalé que «nous n’avons pas d’immunité collective» et que «beaucoup de gens ont fait du Covid mais, heureusement, pour la plupart, c’était une forme légère». C’était une autre occasion pour lui de lancer un énième appel à la population à aller se faire vacciner, notamment le personnel de la santé et celui de l’éducation nationale.
Le premier responsable de l’IPA a, à son tour, appelé à la nécessité de revenir à la vaccination. C’est ce qui permet de donner l’espoir d’atténuer les effets de cette épidémie de Covid-19 à défaut de pouvoir l’éradiquer complètement. Dans ce sens, il a indiqué que l’OMS a annoncé que certains pays ont commencé à voir des signes de sortie de la pandémie, en raison des taux de vaccination élevés. «C’est l’un des facteurs les plus importants qui pourrait se traduire par une sortie de la pandémie de la Covid et son retour, ultérieurement, sous la forme d’une épidémie saisonnière, tout comme la grippe», a-t-il dit.
Pour rappel, l’Algérie a enregistré le pic de 2 521 contaminations à la Covid-19 le 25 janvier dernier, la grande majorité étant des infections au variant Omicron. Deux ou trois jours avant, le nombre de décès avait grimpé à 15, ce qui était considéré comme un nombre assez élevé comparativement au nombre de morts quelques semaines plus tôt. n