PAR MILINA KOUACI
Les syndicats autonomes réclament des solutions à l’érosion du pouvoir d’achat afin de permettre aux travailleurs de vivre «dignement». Ils font depuis quelque temps de l’amélioration et de la consolidation du pouvoir d’achat leur fer de lance.
Le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) réclame la mise en place d’un système pour lutter contre l’inflation. «Nous sommes las de notre situation sociale et des mêmes revendications que nous portons depuis des années. La situation doit changer», clame Ghachi Lounès, qui plaide pour la mise en place d’un système de lutte contre l’inflation.
La dernière augmentation de salaire de 2011 a été absorbée par l’inflation, dit le syndicaliste qui regrette que «les salaires ne suivent pas l’inflation».
D’ailleurs, il y a quelques mois, les travailleurs ont bénéficié d’une «légère augmentation des salaires grâce à la baisse de l’Impôt sur le revenu global (IRG), mais qui n’a pas amélioré leur situation sociale. «Il faut un système stratégique pour régler le problème d’inflation. Nous avons besoin d’un bon salaire pour mener une vie décente et survivre», insiste Ghachi Lounès qui n’exclut pas le recours aux actions pour faire valoir leurs revendications. «Nous nous sommes toujours mobilisés dans le cadre d’actions collectives. Il faut se concerter et décider des actions à entreprendre», ajoute notre interlocuteur, qui dénonce à l’occasion les retards dans le versement de la prime exceptionnelle liée à la Covid-19.
De son côté, l’Unpef demande de réviser la politique salariale et d’augmenter le point indiciaire, sachant que le Premier ministre a annoncé l’augmentation du nombre de points et non la valeur du point indiciaire qui est de 45 DA. Le porte-parole de l’Unpef, Abdelouahab Lamri Zegar, plaide pour la création d’un observatoire national du pouvoir d’achat pour ne pas ressasser perpétuellement la même revendication d’amélioration du pouvoir d’achat. Il appelle dans le même contexte les autorités compétentes à intervenir et réguler les prix afin d’endiguer la hausse des produits de large consommation. Pour sa part, le secrétaire général du Satef Boualem Amoura estime qu’un salaire ne devrait pas être en dessous de 80 000 DA. Le montant de salaire moyen que doit toucher un travailleur doit être de 80 000 DA pour qu’il puisse subvenir à ses besoins. Ce dernier demande d’augmenter la valeur du point indiciaire à 120 DA, tout en exprimant sa «suspicion». Le secrétaire général du Satef, également, coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA) met en garde le gouvernement d’une explosion sociale. «Les travailleurs en ont ras-le-bol de leur situation sociale qui ne présage rien de bon», alerte M. Amoura, qui n’écarte pas de renouer avec la protestation.