Le ministère de la Solidarité nationale a pris en charge 7 156 cas de femmes en difficulté ainsi que 1 128 femmes victimes de violences durant le premier semestre de l’année 2018, a annoncé hier Ghania Eddalia, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille  et de la Condition de la femme.

«Pour le premier semestre de cette année, le nombre de femmes en difficulté a atteint
7 156 cas tandis que celui des victimes de violence a atteint 1 128. Ces victimes ont bénéficié de toutes sortes de prises en charge qu’assure notre département. Quant aux espaces de réconciliation familiale où des cellules d’écoute assurent un travail de médiation entre les membres de la famille, pour la même période, 30 672 familles ont été reçues tandis que 1 719 ont pu bénéficier du service d’accompagnement familial », a indiqué la ministre lors de la célébration de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, en soulignant l’établissement d’un partenariat avec l’organisation ONU-Femmes pour former les travailleurs au sein de ces cellules aux techniques d’écoute et d’orientation afin d’améliorer la qualité du service.
Lors de cette célébration, la ministre a indiqué que la mise en place de ce genre de mécanismes, ajoutée au travail « colossal » effectué par les centres spécialisés, à l’instar des centres du Samu social ainsi que les maisons de retraite, ont permis à de nombreuses femmes « de briser le silence et d’alerter les autorités de leur détresse ». Pour le premier semestre de cette année, elles étaient près de 6 362 femmes à trouver refuge auprès des maisons de retraite dont 1 972 ont été considérées « en difficulté ».
Tout en soulignant une véritable « explosion » de violence en Algérie durant et après la décennie noire, la ministre de la Solidarité a souligné la nécessité de prendre en charge les personnes coupables de violences. « Une personne violente est une personne malade qui nécessite une prise en charge sérieuse. Les chiffres sont en hausse constante d’où l’urgence de créer des centres spécialisés pour aider ces gens à s’en sortir », a-t-elle préconisé. La ministre a aussi insisté sur le rôle de l’école dans la lutte contre la violence ainsi que celui de la cellule familiale. S’agissant de la réinsertion des femmes victimes de violences au sein de la société, la ministre a indiqué que son département dispose aujourd’hui de nombreux services d’accompagnement pour les femmes en difficultés pour leur indépendance financière. A ce propos, elle a indiqué que 200 femmes victimes de violences ont bénéficié cette année du crédit Angem.
Lors de cette rencontre, la ministre a beaucoup insisté sur le rôle de la presse dans la sensibilisation de la société. « La prévention repose essentiellement sur la stratégie de communication et c’est là que les médias doivent intervenir non seulement pour sensibiliser les citoyens mais aussi vulgariser les différents textes de lois dont dispose la législation algérienne pour la protection de la femme. Concernant la collecte des chiffres relatifs aux nombre de victimes, la ministre a fait savoir que son département ne dispose actuellement que de quelques données « épares » ne permettant pas d’avoir une idée précise de la situation, en annonçant la mise en place d’une base de données centralisée et numérisée baptisée « Amane » au niveau de la direction centrale du ministère de la Solidarité. Elle aura pour rôle de recenser et répertorier l’ensemble des cas et toutes les formes de violences dont peuvent être victimes les femmes aujourd’hui. « Il s’agit d’un outil de travail qui va nous permettre sans doute d’élaborer une meilleure stratégie de lutte et d’aller vers des campagnes ciblées », a indiqué la ministre.
Par ailleurs, Eric Overvest, coordinateur résident du système des Nations unies en Algérie, présent lors de cette célébration, a tenu à saluer les avancées enregistrées par l’Algérie en matière de lutte contre les violences faites aux femmes grâce à « un cadre légal des plus progressistes de la région MENA », a-t-il estimé. En ajoutant : « L’Algérie peut se vanter d’avoir un cadre légal, des services sociaux et de santé favorables à l’élimination ou tout au moins à une forte diminution de cette violence multiforme à l’encontre des femmes.» Le responsable de l’organisation onusienne a aussi salué l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies d’une résolution assimilant le harcèlement sexuel à l’encontre des femmes à une violation des droits de l’homme.