A l’occasion de la célébration de la Première Journée nationale de l’hygiène hospitalière, institué le 17 octobre de chaque année, le ministère de la Santé a lancé, hier, une vaste campagne de nettoyage et de désinfection des structures hospitalières à travers toutes les wilayas sous le slogan «Tout le monde est concerné, tout le monde est responsable».

Par Sihem Bounabi
Supervisant les activités de cette journée, le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, souligne à cette occasion «l’engagement du ministère de la Santé à assurer le confort et la sécurité des patients lors de leur séjour dans les établissements de santé, qu’il s’agisse de consultations, d’hospitalisation de jour ou de longue durée». S’exprimant au siège du ministère de la Santé, il précise que la rencontre organisée au niveau de son département vise également à sensibiliser sur l’impératif respect de l’environnement par les professionnels de santé, les patients et ceux associés à l’application stricte des différents protocoles et directives, estimant que «ces dernières sont une priorité pour chaque établissement de santé et un indicateur principal d’évaluation». Il ajoute que cette journée, dont l’importance n’est plus à prouver, vise principalement à réduire les maladies nosocomiales et à protéger les patients, les professionnels de santé et le milieu hospitalier, à travers la sensibilisation, l’information et la formation au profit de tous les acteurs. Le ministre de la Santé a annoncé dans ce sillage que son département s’attelle à l’élaboration d’une loi relative aux techniciens et agents d’hygiène des différents corps, dans le souci d’éviter la transmission des maladies infectieuses ayant trait aux soins. Le ministre de la Santé a ainsi souligné que «l’hygiène dans les structures et établissements de santé, publics et privés, est liée à la prévention des maladies infectieuses, les maladies nosocomiales et la réduction des différents risques sanitaires dans le corps médical». Il précise à ce sujet que ces maladies nosocomiales, qui ont une grande résistance aux antibiotiques, constituent une grave menace aux conséquences désastreuses. Parmi ces conséquences, le ministre de la Santé cite notamment le risque d’apparition de pathologies graves chez le patient hospitalisé, avec des risques d’invalidité à long terme ainsi que des complications pouvant mener au décès des personnes infectées.
Il ajoute par ailleurs que la maladie nosocomiale constitue aussi «une charge financière supplémentaire pour le patient et l’établissement de santé, sans oublier le personnel soignant qui est exposé au risque d’infection».
Le ministre déplore le fait que même si la tutelle s’est préoccupée ces dernières années de la question de la prévention des maladies liées aux soins, l’objectif souhaité n’a pas été atteint.
Il rappelle dans ce sillage que l’Algérie a franchi une étape importante pour relever ce défi en exprimant formellement, le 5 mai 2013, son engagement dans la lutte contre les maladies infectieuses associées aux soins dans le cadre du programme «Sécurité des patients : un enjeu mondial» émanant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Abdelhak Saihi réitère ainsi l’impératif de respecter les protocoles et les directives d’hygiène hospitalière.
Il est a noté que la rencontre s’est déroulée en présence du représentant de l’Organisation mondiale de la santé en Algérie, et d’un représentant du bureau de l’Unicef en Algérie, des membres du Comité national de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, et des cadres de l’Administration centrale.
Le représentant de l’OMS en Algérie Nouhou Amadou a salué l’institution d’une journée nationale de l’hygiène en milieu hospitalier, compte tenu de «la hausse des maladies infectieuses liées au traitement dans le monde, qui touchent un malade sur 100 durant son séjour à l’hôpital. Les experts et gestionnaires ont quant à eux préconisé que des «soins propres et sûrs doivent être inclusifs pour éviter d’exposer les personnes aux maladies nosocomiales».
Pour rappel, depuis plusieurs années de nombreux scandales et polémiques ont éclaté suite à la diffusion d’images et de vidéos témoignant de l’état d’insalubrité de plusieurs services de santé dont des blocs opératoires censés être le temple de la propreté et un milieu aseptisé. <