Le secteur de la santé s’apprête à la mise en place d’une Agence nationale sanitaire des aliments. Cette structure sera chargée du «management et du contrôle de la qualité des aliments » et de la création d’un « réseau d’alerte » qui sera placé sous la tutelle du ministère du Commerce. L’annonce d’ouverture de cette agence a été faite hier par la responsable du Laboratoire des bactériologies des aliments, des eaux et de l’environnement à l’institut Pasteur d’Algérie. Fouzia Mouffok s’est exprimée à l’occasion d’une journée de sensibilisation sur la prévention des intoxications alimentaires, en compagnie du chargé de la prévention au ministère de la Santé, le docteur Djamel Fourar, et du directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le professeur Lyes Rahal. Elle a rappelé que les différents facteurs notamment collectifs à l’origine de ces intoxications alimentaires, sont la mauvaise conservation des produits périssables tels que les viandes, et le non-respect des règles d’hygiène. Elle a cité également les eaux à hauteur de 6%, les confiseries (15%) et les œufs (15 %). Elle a aussi évoqué le non-respect des instructions du ministère de la Santé quant aux déclarations obligatoires, outre le manque de moyens et de coordination entre les différents laboratoires activant dans le domaine du contrôle qualité des aliments, et le faible recours des cas intoxiqués aux hôpitaux. Selon Djamel Fourar, 4 000 à
5 000 cas d’intoxication ont été enregistrés par le ministère de la Santé entre 2000 à 2015, un bilan en hausse durant les années 2017 et 2018 avec 10 000 cas/an recensés. Près de 1 200 cas ont été enregistrés au cours des premiers mois de l’année 2019 et un décès enregistré dans la wilaya de Relizane, a fait savoir le directeur de la prévention au ministère de la santé. Ce responsable a fait savoir également que le taux de décès des suites d’intoxication a baissé grâce aux «campagnes de sensibilisation initiées par les pouvoirs publics», notant toutefois une augmentation des cas signalés. Afin de renforcer le contrôle sur les cours d’eau, notamment en période estivale, le docteur Fourar a fait état de mécanismes de coordination avec le ministère de l’Intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire à Alger, Blida, Bouira et Tipasa.<