L’Assemblée générale des Nations unies, a adopté lundi, au niveau de la 3e commission en charge des questions sociales, humanitaires et culturelles, une résolution assimilant le harcèlement sexuel à l’encontre des femmes à une violation des droits de l’homme. Cette résolution a été votée pour marquer la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui sera célébrée le 25 novembre.

L’Assemblée générale de l’ONU a «considéré que le harcèlement sexuel est une forme de violence et une violation des droits de l’homme et, à ce titre, est susceptible d’entraîner des dommages physiques, psychologiques, sexuels, économiques, sociaux ou des souffrances».
Cette même résolution devait également être adoptée, plus tard dans la journée, au niveau du Conseil de sécurité, l’organe exécutif de l’ONU. Intitulé «Intensification de l’action menée pour prévenir et éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles : harcèlement sexuel», le texte condamne fermement toutes les formes de violences à l’égard des femmes et des filles, y compris le harcèlement sexuel, étant donné que ces violences «entravent la réalisation de l’égalité des genres, l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles et le plein exercice par les femmes et les filles de leurs droits fondamentaux».
L’organe plénier, et le plus représentatif des Nations unies, souligne aussi que le harcèlement sexuel englobe «un ensemble de pratiques et de comportements inacceptables et importuns à connotation sexuelle qui peuvent comprendre, sans s’y limiter, toute suggestion ou exigence à caractère sexuel, toute demande de faveurs sexuelles ou tout geste ou comportement verbal ou physique à connotation sexuelle qui est ou pourrait être raisonnablement considéré comme propre à choquer ou à humilier».

La violence contre les femmes, une «pandémie mondiale»

En parallèle, intervenant à l’ouverture d’un événement à New York commémorant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a estimé que la violence contre les femmes est une «pandémie mondiale» qui a de lourdes conséquences pour les familles et la société. Dans son plaidoyer, M. Guterres a fait valoir que cette violence constitue un «affront moral à tous, un signe de honte dans toutes les sociétés et un obstacle majeur à un développement inclusif, équitable et durable».
Pour le secrétaire général de l’ONU, la violence à l’égard des femmes et des filles sous toutes ses formes est «la manifestation d’un profond manque de respect, un échec des hommes à reconnaître l’égalité et la dignité des femmes». Il s’agit d’une question de droits humains fondamentaux, a-t-il estimé, mettant en avant le fait que la violence peut revêtir de nombreuses formes, allant de la violence domestique à la traite des blanches, de la violence sexuelle en zone de conflit au mariage des enfants, des mutilations génitales au féminicide.
Désormais, la résolution votée invite les Etats à condamner toutes les formes de violences à l’égard des femmes et des filles, y compris le harcèlement sexuel, et réaffirme qu’ils ne devraient invoquer aucune coutume, tradition ou considération religieuse pour se soustraire à l’obligation qui leur incombe d’éliminer ces violences et devraient mettre en œuvre, par tous les moyens appropriés et sans retard, une politique visant à éliminer la violence à l’égard des femmes.