Les pratiques spéculatives sur les produits de large consommation ont atteint des niveaux inimaginables comme en témoignent les volumes saisis par les services de sécurité depuis le début de la période de confinement. Elles semblent avoir repris dès les premiers jours du mois de Ramadhan et démontrent une fois de plus que le ministère du Commerce a du pain sur la planche, s’il veut en finir avec la spéculation récurrente dans le circuit du commerce de détail.

Dans cette optique, le ministre du Commerce Kamel Rezig a, depuis la wilaya de Sétif où il était en visite lundi dernier, mis l’accent sur la nécessité «de l’implication de toutes les parties prenantes en ne ménageant aucun effort dans la lutte contre toute forme de spéculation et de surenchère sur les produits de consommation». Ce dernier s’adresse, par ailleurs, aux éléments de la Gendarmerie nationale, des Douanes et autres secteurs concernés : «Grâce à vous, nous serons un rempart face à tous les dépassements commerciaux.». Il a en outre admis «la difficulté de la mission des agents de contrôle, mais a souligné «leur rôle étant primordial en cette conjoncture exceptionnelle que traverse le pays». Toujours dans ce même ordre d’idées, Kamel Rezzig a rappelé aux agents de contrôle : «Nous avons pu, en dépit d’être au deuxième mois de confinement, garantir la stabilité des prix de la quasi-totalité des produits de consommation sur le marché». A propos de ce contexte, le ministre a mis l’accent sur l’impérative moralisation de l’activité commerciale. Sur ce dernier point, il a rappelé que cette démarche faisait partie du programme du président de la République et de l’action du Gouvernement «d’où la nécessité de la conjugaison des efforts de tous, car le problème ne relève pas du seul ministère du commerce», a-t-il fait remarquer. Poursuivant dans ce sens : «Nous œuvrerons à la mise en adéquation de nos marchés aux normes et standards internationaux, c’est-à-dire que les prix obéissent à la règle de l’offre et de la demande et non à la spéculation.» Il a aussi assuré que les efforts en cours pour l’encadrement et l’organisation du marché visent à permettre aussi bien au consommateur qu’au commerçant et au fellah de trouver son compte.
Notons que le ministre a saisi l‘occasion de l’inauguration de la section de wilaya du Centre national du registre de commerce (CNRC) à la cité El Abradj, dans la ville de Sétif, pour souligner l’impératif de poursuivre la généralisation du registre de commerce électronique. «La fin de l’année en cours étant la date butoir, aux commerçants retardataires d’accomplir l’immatriculation au registre de commerce électronique, sous peine de radiation définitive», a-t-il averti. Le ministre s’est ensuite rendu dans une entreprise privée de fabrication de masques de protection, dans la zone d’activité Helatma, dans la commune de Guedjel. Sur place, il s’est enquis de la production de cette unité, estimée à un million de bavettes par jour et produisant aussi des vêtements de protection. Aux responsables de cette entreprise, le ministre leur a fait savoir que l’Etat encourage et autorise la production des masques destinés au grand public. «Sans avoir besoin d’immatriculation au registre de commerce et ce, momentanément, au regard du contexte sanitaire exceptionnel que traverse le pays, proposant au propriétaire de l’usine de produire des masques pour enfants», leur a-t-il précisé.
Le ministre a, au terme de sa visite, déploré les agressions dont on été victimes des agents de contrôle dans l’exercice de leur fonction. Des actes perpétrés dans plusieurs wilayas du pays particulièrement à Adrar, où quatre agents ont été pris à partie par des commerçants.<