Par Bouzid Chalabi
Un nouvel outil pour mettre fin à la spéculation et à la surenchère dans le commerce du détail dans sa très large gamme. Il s’agit d’une application numérique que va mettre en place incessamment l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce). «Dénommée echqui, cette application donnera la possibilité aux consommateurs de prendre en charge leur requête d’infraction aux règles du commerce sur le champ», explique le Docteur et président de l’Apoce, Mustapha Zebdi.
Ce dernier, qui s’exprimait devant la presse à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des droits des consommateurs, hier, au Palais des expositions des Pins-Maritimes (Safex/Alger) a, par ailleurs, indiqué que «echqui» va permettre de répertorier l’ensemble des requêtes en temps réel et non en différé. Comme il a fait savoir que cette application sera facilement accessible sur tout téléphone portable en usant d’un numéro vert «3311» et aussi par l’intermédiaire d’une plateforme électronique appelée «Apoce.org». Non sans avancer qu’«avec cet outil, il sera possible d’annihiler la spéculation et la rétention de marchandise, c’est-à-dire à la constitution de stock pour faire perdurer la tension sur tel ou tel produit dont l’offre est conjoncturellement en deçà de la demande sur le marché local». Et enfin, «permettre aux organismes de contrôle sur le terrain, après avoir pris acte des requêtes et révélations sur des dérives, d’intervenir sur le champ», a conclu le président de l’Apoce.
C’est donc une initiative tout à fait opportune, quand on sait qu’à la moindre rareté d’un produit due à une offre en baisse, s’enclenche immédiatement la spéculation sur ce produit ouvrant la porte à la surenchère. Comme celle à laquelle nous assistons ces derniers mois. Devant cet état des lieux, les associations de protection des consommateurs tirent la sonnette d’alarme sur le pouvoir d’achat des ménages, en nette dégradation depuis le début de l’année et redoutent que la tendance à la hausse des prix, qui a concerné un large éventail de produits de large consommation et autres, se poursuive mettant ainsi à rude épreuve des pans entiers de la population à faibles revenus. Ces associations sont décidées à monter au créneau, soutenant par ailleurs que les aides de 10 000 DA accordées par le gouvernement ont été distribuées sporadiquement. «Pas seulement, puisque cette somme n’a pas permis aux ménages de faire face à la cherté des produits de première nécessité», souligne une association de Blida, contactée par Reporters. Toujours dans ce même ordre d’idées, la majorité des associations se disent étonnées que les prix de certains produits ont littéralement flambé, voire même doublé. Ces hausses sensibles ont été entamées dès le mois de janvier dernier.
«Ce n’est qu’un début», redoute-t-on du côté des associations des consommateurs. «Dans le circuit de la commercialisation, chacun des acteurs y va de sa propre explication, mais au final, elle ne peut satisfaire le consommateur tant ce dernier s’accroche à dire que la spéculation et autres dérives sont perpétrées par des irresponsables encouragés par des incohérences dans le commerce du détail», selon la Fédération algérienne des consommateurs (FAC) approchée hier par Reporteurs. Notre locuteur nous souligne dans la foulée : «Devant ces hausses des prix qui, parfois n’ont aucune raison, le premier contrôleur n’est autre que le consommateur. Et sans ce relais, c’est toute notre efficacité sur le terrain qui devient stérile. C’est pourquoi la FAC appelle les consommateurs à s’impliquer davantage en n’hésitant pas à faire appel aux associations dans le cas où ils font face à de la surenchère sur des produits et non pas assister en témoin passif.» Une approche que partagent la plupart des associations.
Notons que du côté de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) on se dit prêts à porter assistance aux associations de protection des consommateurs. «Il est clair que la protection des consommateurs concerne aussi les commerçants. Et dans cette logique, les commerçants demeurent à la fois impliqués et responsables», a estimé enfin le président de l’ANCA, Hadj Tahar Boulanouar.