Par Bouzid Chalabi
A l’appel du ministère du Commerce aux opérateurs versés dans le commerce en gros de denrées alimentaires fraîches et manufacturées de déclarer leurs espaces de stockage, il a été recensé, selon le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, près de 3 000 chambres froides et plus de 1 800 entrepôts. Ce dernier a lancé un ultimatum au 31 octobre courant aux réfractaires.
C’est du moins ce qu’a rapporté le ministre dans un entretien qu’il a accordé à l’APS et rendu public vendredi dernier. Soulignant à cette occasion que les services de la régulation de son département ont recensé 2 984 chambres froides avec une capacité globale de stockage de 3,5 millions de mètres cubes (m3), ainsi que 1 860 entrepôts d’une capacité de stockage de 6,4 millions m3. Comme il a précisé qu’après la visite des espaces de stockage, «il s’est avéré qu’ils sont conformes à la réglementation et sont donc actuellement opérationnels». Expliquant en outre que «contrairement au stockage non déclaré relevant de la spéculation et du monopole», le stockage légal est «une partie intégrante» du processus commercial, permettant la régulation des quantités et des prix des produits agricoles et des denrées alimentaires, outre la régulation du marché et de la distribution des produits ainsi que l’établissement de leurs prix lors de la récolte, et hors saison.
Toujours à propos du stockage légal, Kamel Rezig a indiqué qu’il impose aux propriétaires de déclarer tous les produits stockés ainsi que toute information y afférente, auprès des services concernés du secteur du commerce. Il a incité, à cet effet, les opérateurs à investir davantage dans l’installation de chambres froides et d’entrepôts pour une meilleure régulation du marché. Ce qui permettra, a-t-il dit, d’élaborer une carte nationale qui renseigne sur la répartition de ces entrepôts à travers le pays et l’ouverture d’autres espaces, au besoin, afin de se doter «d’un tableau de bord pour mieux gérer et contrôler la distribution». Abondant dans ce sens, il dira : «Pour l’aboutissement de cette démarche, les agents de contrôle des services de commerce bénéficieront de cycles de formation sur la prochaine loi relative à la lutte contre la spéculation, actuellement en cours de préparation, par le ministère de la Justice en coordination avec le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations.» Des informations que le ministre considère comme nécessaires et utiles dès lors qu’«elles permettront aux agents de contrôle de distinguer entre le stockage légal et le stockage illégal (la spéculation), et ainsi éviter aux agents de faire des erreurs dans l’exercice de leur mission de contrôle, d’autant que la nouvelle loi prévoit de lourdes peines à l’encontre des spéculateurs», a-t-il assuré pour conclure sur le thème.
Concernant la pénurie d’huile de table sur les étals du commerce du détail, le ministre reste convaincu que la spéculation et les rumeurs étaient à l’origine du déséquilibre entre l’offre et la demande en raison d’une forte demande subie par les citoyens sur ce produit de base. Notons au passage qu’un «fake news», qui s’est propagé à grande vitesse sur les réseaux, avant de gagner le monde réel, s’est traduit par une frénésie de l’achat sur cette indispensable denrée. Autrement dit, les rumeurs relayées récemment sur les réseaux sociaux sur une éventuelle pénurie ont incité les citoyens à stocker l’huile de table «d’où cette pression ayant impacté directement le marché», a évoqué le ministre. Sur ce dernier point, il a précisé qu’«à chaque fois qu’une pénurie est enregistrée, de nouvelle quantités sont mises sur le marché pour y remédier», ajoutant au passage que la crise de l’huile de table provoquée lors du dernier Ramadan «avait coûté à l’Etat 13 mds DA d’indemnisations au profit des opérateurs, d’autant que ce qui a été consommé pendant le seul mois de Ramadan équivaut à la quantité consommée en 5 mois.
Et d’informer de la prochaine entrée en production de nouvelles usines d’huile vierge «ce qui va permettre d’atteindre l’autofinance en la matière. Et du coup mettre fin à l’importation d’huile vierge», a-t-il conclu. n