Deux grands centres d’affluence commerciale de la capitale viennent de faire l’objet de décision de fermeture des commerces de ces lieux par mesure de précaution contre le risque de contamination au Covid-19. En effet, les commerçants du marché d’électroménagers d’El Hamiz et celui des effets vestimentaires de Djorf, dans la commune de Bab Ezzouar à Alger, ont été sommés de baisser rideaux par décision du wali délégué de la circonscription administrative de Dar El Beida. Cette décision, qui a pris effet vendredi dernier pour le marché d’El Hamiz et depuis dimanche pour celui de Djorf, se maintiendra pendant une période de quinze jours renouvelable si nécessaire. Selon des sources concordantes d’autres centres de commerces de la wilaya devraient connaître le même sort. En tout état de cause, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algérien (ANCAA) Hadj Tahar Boulenouar n’approuve pas entièrement la fermeture de ces commerces. Ce dernier explique à Reporters que «c’est comme si on voulait faire croire à la population qu’à travers cette décision de fermeture que cette concentration de commerces est un vecteur de contaminations, alors que ce n’est pas tout à fait le cas à partir du moment où ces commerces étaient au début de la crise sanitaire restés fermés .» Et de confier dans ce sens : «Si l’on suit cette approche, ce sont tous les commerces de détail qu’il faudrait fermer. Ce qui est impensable.»Du côté des rares commerçants d’El Hamiz et de Djorf que Reporters a pu joindre par téléphone, ces derniers se rejoignent à dire « pourquoi seulement nos marchés ? C’est à croire que nos commerces sont à haut risque de contamination au Covid-19, alors qu’à notre niveau nous sommes en constante vigilance en matière de mesures barrières contre le risque de contamination. Du coup on est endroit de faire remarquer qu’une grande majorité des personnes qui sillonnent le marché d’El Hamiz comme celui de Djorf circule sans porter de bavettes sans parler des nombreuses accolades lors de rencontres dont nous assistons pantois .» Toujours dans ce même ordre d’idées, «c’est aux gens de passage de faire en sorte de prendre les précautions nécessaires notamment porter impérativement des bavettes», lance la gérante d’un commerce de meubles de bureau et accessoires à El Hamiz. Notons toutefois que certains de nos locuteurs nous ont avoué qu’ils redoutaient que la période de fermeture dépasse la quinzaine de jours ce qui serait synonyme pour eux d’un nouvel épisode de manque à gagner qu’ils auront du mal à traverser partant du fait que beaucoup d’entre eux ne se sont pas encore remis de leur inactivité pendant les premiers mois des mesures de confinement. « Nous étions réduits à payer une location sans pour autant activer. C’est d’ailleurs ce qui nous inquiète le plus avec cette nouvelle décision de fermeture qui nous espérons sera de courte durée», ont-ils souhaité.
Notons toutefois que si la tendance à la hausse de la courbe de contamination venait à s’installer dans la durée, il faudra s’attendre à l’annonce de la fermeture d’autres espaces publics d’affluence, voire même revenir à la case départ celle de la fermeture totale des marchés de proximité, des cafés, restaurants, fast-food… En résumé, tous les lieux de regroupement de personnes. Mais cela restera-t-il suffisant pour freiner la circulation du coronavirus ?