La ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatma-Zohra Zerouati, a présidé, hier, la 5e réunion de «mise en œuvre du Plan d’urgence sous-régional entre l’Algérie, le Maroc et la Tunisie pour la préparation à la lutte contre la pollution marine accidentelle dans la zone de la Méditerranée du Sud-Ouest».

Lors de son intervention, la ministre a estimé que «30% de la part du trafic maritime mondial transite en Méditerranée, soit 10 000 navires/an, dont 1 300 navires citernes touchent les ports algériens». «Ce qui rend cette partie du territoire exposée à de graves accidents. Toutefois, ceux qui sont survenus sur les côtes algériennes restent minimes, à l’exemple de celui enregistré en février 2007, au large du terminal pétrolier de Skikda après le déversement accidentel de pétrole brut, et un autre en 2010, au niveau du port de Chlef», a-t-elle ajouté. La ministre de l’Environnement a appelé les pays voisins à unifier leurs efforts pour bien mener les opérations de lutte contre la pollution marine accidentelle dans la zone du sud-ouest de la Méditerranée. Pour faire face aux accidents pouvant engendrer une pollution par les hydrocarbures qui pourraient survenir sur son territoire, l’Algérie a mis en place son dispositif de lutte contre la pollution marine accidentelle dénommé Tel Bahr. Ce dernier consiste principalement en un système rigoureux de prévention, détection, surveillance, contrôle et de lutte contre les pollutions massives accidentelles de la mer. En tant que dispositif efficace, il sert essentiellement à mobiliser en cas de situations critiques les moyens humains et matériels requis pour les opérations de lutte contre la pollution. Il repose sur l’institution de plans d’urgence national, régional et de wilaya. Institué en 1994, ce système portant organisation de la lutte contre les pollutions marines et institution de plans d’urgence, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de préservation de l’environnement. Selon la première responsable du département, «ce programme intermaghrébin constitue un instrument opérationnel important pour la consolidation de la coopération pour la préparation et la lutte coordonnée en cas de pollutions majeures dues aux hydrocarbures qui menacent constamment nos côtes, jusque-là sensibles et fragiles». A souligner que la mer Méditerranée est l’un des dix hots-pot de biodiversité de la planète. Elle comprend une grande variété d’écosystèmes et de paysages sous-marins avec des taux élevés de diversité végétale, animale et d’espèces endémiques qui sont confrontées à de nombreuses menaces liées aux activités humaines, notamment la pollution par les hydrocarbures.
Enfin, outre les membres du comité national Tel Bahr, des représentants des trois pays signataires de l’accord, des représentants du Rempec, ceux de l’Accord de Ramoge, «instrument de coopération scientifique, technique, juridique et administratif entre les gouvernements français, monégasque et italien», ont pris part à la rencontre dans le but de présenter leurs expériences en matière de lutte contre la pollution marine.