Comment lutter contre la pandémie de la Covid-19 qui continue de faire rage sans la poursuite de mesures qui n’ont pas seulement paralysé les économies dans le monde, mais qui ont conduit ces pays à se barricader dans leurs territoires respectifs ? A cette question, les seules vraies réponses visibles le sont à travers les politiques que pratique chacun de ces pays pour se protéger contre le virus. Au-delà de ces politiques, les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’actualisent dans l’incertitude et des questionnements comme ceux relatifs à la pertinence de garder les frontières fermées…
Ainsi, le maintien des frontières fermées n’est pas une stratégie «viable» dans la lutte contre la pandémie du coronavirus, selon le directeur des situations d’urgence à l’OMS. «Cela va devenir presque impossible pour les pays de maintenir dans un futur proche leurs frontières fermées», a déclaré le docteur Michael Ryan. «Les économies doivent rouvrir, les gens doivent travailler, le commerce doit reprendre», a admis ce responsable, tout en reconnaissant que chaque Etat devait prendre en compte individuellement les risques d’ouvrir ses frontières. «Il est très difficile d’avoir une politique qui convienne à tous. Si je suis une petite nation sans cas de Covid-19, un seul cas (importé) peut représenter un désastre», a-t-il souligné. Dans un pays où l’incidence de la maladie est importante, fermer la frontière peut ne faire aucune différence», a-t-il poursuivi. «Les mesures de restriction de voyage doivent être prises en conjonction avec d’autres mesures», a-t-il ajouté. «Seules en tant que telles, elles ne sont pas efficaces pour limiter les mouvements du virus, qui est partout. Mais il est très difficile de définir une politique globale», a-t-il répété, relevant que la nature du risque était déterminée par les situations locales et nationales.
La déclaration de Michael Ryan intervient alors que la pandémie poursuit son accélération avec plus de cinq millions de nouveaux cas détectés depuis le 1er juillet, soit plus d’un tiers du nombre total de cas déclarés, amenant de nouveaux pays à imposer des mesures sanitaires plus strictes. Au total, la pandémie a fait au moins 649 577 morts dans le monde, sur plus de 16 295 350 cas, selon un bilan de presse. L’Europe totalisait hier lundi 208 082 décès pour 3 073 979 cas, l’Amérique latine et les Caraïbes 184 168 décès (4 392 800 cas), les Etats-Unis et le Canada 155 854 décès (4 348 051 cas), l’Asie 57 914 décès (2 517 025 cas), le Moyen-Orient 25 600 décès (1 098 235 cas), l’Afrique 17 767 décès (848 612 cas), et l’Océanie 192 décès (16 648 cas).
L’inquiétude est générale face à la pandémie qui progresse à Hong Kong, en Belgique, un des pays qui compte le plus grand nombre de morts de la Covid-19 par rapport à sa population (85 pour 100 000 habitants). Mais, également, en Allemagne où la région de la Bavière veut désormais faire tester tous les voyageurs. En Angleterre, Londres a par ailleurs décidé de soumettre depuis dimanche les passagers en provenance d’Espagne à une période d’isolement, suscitant une vive réaction des autorités de ce pays, deuxième destination touristique mondiale derrière la France, et qui a clamé haut et fort être «un pays sûr». Le Brésil, pays latino-américain le plus touché, a recensé dimanche près de 25 000 cas supplémentaires, pour un total de 2,4 millions. Il déplore plus de 87 000 morts. La Chine a fait état de 61 nouveaux malades de la Covid-19 en 24 heures, la plus importante augmentation journalière depuis mi-avril, après l’apparition de foyers dans trois provinces dont le Xinjiang (nord-ouest). Les Etats-Unis, pays le plus touché au monde, comptent pour leur part près de 4,230 millions de contaminations et près de 150 000 morts. Le nombre de nouveaux cas positifs a toutefois nettement ralenti dimanche à 55 187, son plus bas niveau depuis près de deux semaines.
Ce vaccin tant attendu
Au Canada, les adultes de moins de 39 ans constituent désormais une nette majorité des nouveaux cas de Covid-19 recensés, ont averti dimanche les autorités sanitaires en appelant les jeunes à ne pas se sentir «invincibles». Les personnes âgées ne sont pas les seules à risquer de graves problèmes de santé en cas de contamination, a mis en garde la docteure Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du pays. Sur les cas de Covid-19 signalés la semaine dernière, «63% concernaient des jeunes de moins de 39 ans, dont un tiers (31%) a été hospitalisé». En France aussi, des élus inquiets ont appelé les jeunes à davantage de prudence et ordonné la fermeture de lieux de rassemblements comme les plages, les parcs et les jardins publics la nuit dans la ville côtière de Quiberon, dans l’ouest.
Au Moyen-Orient, et pour la première fois de l’histoire moderne, le grand pèlerinage à La Mecque, en Arabie saoudite, se fera à partir de mercredi avec un nombre de fidèles très réduit. Seuls 10 000 Saoudiens et résidents étrangers du royaume sont autorisés cette année à effectuer le hadj, contre 2,5 millions l’an dernier. Au Maghreb, l’Algérie et le Maroc ont décidé de reconduire les mesures de confinement local et limiter les déplacements entre les grandes villes.
Face à cette situation, l’arrivée d’un antidote est perçue comme un miracle sauveur. Alors que la course au vaccin s’accélère en Russie, en Chine, en Grande-Bretagne, le gouvernement américain s’est engagé à porter jusqu’à près d’un milliard de dollars au total son soutien au développement d’un potentiel immunisant mis au point par la société américaine de biotechnologie Moderna, et qui s’apprête à entrer dans la dernière phase de son essai clinique. Ce vaccin expérimental, qui a déclenché des anticorps contre le coronavirus chez les 45 participants dans une première phase, a commencé à être testé depuis hier sur 30 000 personnes. n