Par Fazil Asmar
L’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC) a développé une plateforme numérique pour accueillir les déclarations de patrimoine des agents publics. Invité, hier au forum de la Radio nationale, le président de cet organe, Tarek Kour, a indiqué que cette plateforme sera opérationnelle dès la promulgation, prochainement, des textes juridiques la concernant. Il a profité, par ailleurs, de son passage à la radio pour appeler les nouveaux élus à déclarer leur patrimoine avant l’entame de leurs missions respectives. Les élus, toujours en fonction, sont également appelés à faire de même, et ce, dans le but de consacrer le principe de la transparence dans la gestion des biens et des deniers publics.
Concernant les autres projets de cet organe, celui notamment du réseau national pour l’intégrité et la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption, il a signalé qu’ils sont toujours en cours. A propos du réseau, il sera lancé officiellement après l’installation de la Haute-autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption. Il a rappelé que ce réseau est un espace de sensibilisation aux risques de la corruption dans la société et de dénonciations. «On a recueilli ces derniers temps des signalement de cas de corruption de la part de citoyens et d’employés dans des entreprises. Après enquête, une partie de ces dossiers ont été transmis à la justice. Il faut savoir que même si la protection des dénonciateurs n’est pas encore réglementée dans des textes juridiques, elle est appliquée à notre niveau», assure-t-il. Par ailleurs, dans le cas où un employé signale un acte de corruption dans une entreprise, les hautes autorités ont le droit d’exiger du gestionnaire de suspendre toute sanction ou décision de licenciement contre le dénonciateur jusqu’à ce que l’enquête vérifie la situation. Toujours dans le contexte de réglementation, Kour approuve entièrement la décision relative à la révision de la loi de la lutte contre la corruption, où des défaillances et des incompréhensions sont constatées, dans la définition notamment du concept de la fonction publique, à revoir, selon lui.
Quant à la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption, entamée il y a deux ans, il a noté huit consultations, internes et internationales, pour l’élaboration de ses axes ainsi que d’un programme d’actions renfermant 60 projets et mesures et dont les hautes autorités de l’Etat veilleront à son implication. Des consultations ont été organisées au niveau des ministères, avec les associations et la société civile, les organisations syndicales, le patronat et des organes étrangers afin d’avoir une idée des expériences d’outre-mer dans le but de les adapter aux spécificités nationales. Les citoyens ne sont pas en reste puisque l’ONPLC s’est enquis de leurs avis à travers des sondages. A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption, le 9 décembre, l’ONPLC compte organiser une journée d’études sur la diffusion de la culture de la transparence dans le milieu de la jeunesse et des sports et ouvrir les débats avec le mouvement associatif et les fédérations sportives pour une meilleure coordination dans la lutte contre la corruption.