Le président de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC), Tarek Kour, a annoncé lundi à Alger la création prochaine d’un « réseau national pour l’intégrité ». Un projet, qui vise à la sensibilisation aux risques de corruption dans la société, mais également au « signalement » de toute infraction ou dépassement en s’appuyant, entre autres, sur le tissu associatif. Tarek Kour, qui intervenait à l’occasion de l’ouverture, au CIC, du séminaire national sur le rôle de la société civile dans la lutte contre la corruption, a en ce sens insisté sur l’importance de la mission qui lui a été confiée. Rappelant que «la corruption a entaché des domaines vitaux dans le pays» et qu’elle avait déjà entraîné « une certaine instabilité » qui a « compromis la confiance entre le citoyen et ses institutions. Ce dernier refusant désormais d’adhérer à la vie politique et aux projets de réformes socio-économiques ».
Projet de nouvelle structure et de stratégie de lutte contre la corruption que Tarek Kour inscrit également dans le sillage des engagements du président de la République ; en soulignant que la date du 12 décembre 2019 constitue «une date charnière, voire un tournant décisif dans la lutte contre la corruption». L’initiative présentée par le président de l’ONPLC a ainsi pour base, le document de l’avant-projet de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption, qui avait été présenté au président de la République, à l’issue de la consultation, en mai 2019, de plus de 300 personnalités et instances à l’échelle nationale et internationale. Notamment, explique l’intervenant, du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), l’Organisation de la coopération et du développement économique (OCDE), en plus de spécialistes issus de départements ministériels, d’organes consultatifs et de contrôle, de syndicats, de représentants de patronats, d’universitaire… mais aussi de « différentes associations activant dans des domaines en relation avec la corruption, la bonne gouvernance et les droits de l’Homme ».
Et ce dernier point, l’ouverture de la concertation aux acteurs de la société civile devra se poursuivre et être renforcée au travers des missions du futur « réseau national pour l’intégrité », explique en substance Tarek Kour. Il fait ainsi savoir que « le réseau national pour l’intégrité est un forum sous forme d’organigramme placé sous la tutelle de l’ONPLC et composé d’associations activant dans les domaines de la prévention et de la lutte contre la corruption, de la bonne gouvernance et des questions y afférentes ». Ces associations « structurées et encadrées » et dont la sélection « sera effectuée conformément à un cahier des charges étudié » auront ainsi deux missions essentielles, « la promotion et le soutien du programme de sensibilisation contre les risques de la corruption et le signalement des violations et des dépassements ayant trait à la corruption quelle que soit leur forme et ce, à travers un plan de signalement ». Chaque signalement sera « traité par l’ONPLC » en veillant à la « protection et la confidentialité » et dans un cadre « chapeauté par une cellule permanente chargée de l’écoute, du traitement et de l’orientation ».
Séminaire organisé au Centre international des conférences (CIC), notamment marqué par la présence, hier, des conseillers auprès de la présidence, Nazih Berramdane et Aïssa Belakhdar, chargés entre autres de la société civile et des associations religieuses. La rencontre a également permis le lancement des premières formations de formateurs qui assisteront les associations membres du « réseau national pour l’intégrité », a fait savoir Tarek Kour. Ce dernier explique sur un autre plan que le projet de révision constitutionnelle serait un atout pour les missions de lutte contre la corruption. Son préambule exprime clairement « l’attachement de l’Algérie à la prévention et à la répression de la corruption conformément aux traités qu’elle a ratifiés », précise en ce sens Tarek Kour, pour qui la place de l’ONPLC sera également renforcée. La structure qu’il dirige est, en effet, promise à « l’appellation de Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption placée parmi les instances de contrôle après avoir été parmi celles consultatives ».