L’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) n’aura pas son agrément, même après l’offre émanant des autorités publiques avec les bons offices de médiation de l’organe gouvernemental, l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC).
Un communiqué de l’Association, que préside Djilali Hadjad, fait en effet état d’une initiative infructueuse menée par les pouvoirs publics pour la délivrance d’un agrément à cette association présente sur le terrain depuis deux décennies. « Les pouvoirs publics ont contacté l’AACC au tout début du mois de novembre par l’intermédiaire du secrétaire général de l’ONPLC, nous invitant à participer à une réunion – annoncée pour le 28 novembre 2019 -, où serait présenté un projet de «politique globale de prévention de la corruption», tout en nous informant que l’ONPLC allait demander au ministère de l’Intérieur de nous faciliter l’octroi de notre agrément », indique l’AACC. Ce « hameçon » n’a pas pris dans la mesure où l’association de Hadjadj n’a finalement pas été conviée à la réunion du 28 novembre.
« Comme par hasard, suite à des contacts téléphoniques avec la police et face à notre position, l’ONPLC, qui s’était engagé à nous adresser des documents préparatoires pour la réunion du 28 novembre 2019, ne l’a pas fait et ne nous a pas envoyé d’invitation. Invitation initiale que nous avions pourtant acceptée et même de leur faire parvenir une contribution sur la prévention de la corruption», souligne l’AACC.
Cette dernière ajoute avoir appris, par voie de la presse, que la réunion du 28 novembre 2019 « s’est tenue entre l’ONPLC et la « société civile », comme nous avons appris aussi que le président de l’ONPLC doit remettre au gouvernement d’ici la fin décembre 2019 un projet de «politique globale de prévention de la corruption ». Relevant que ceci « n’avait pas été du tout précisé au début de la démarche de l’ONPLC en direction de l’AACC », cette dernière s’interroge sur la crédibilité de l’initiative. L’AACC se pose dès lors la question suivante : « Comment cette initiative de l’ONPLC peut-elle être crédible quand on prétend élaborer, en à peine un mois, ce que cet organisme gouvernemental n’a pas fait depuis son installation en 2011 ?» Mais à postériori, l’AACC se réjouit de ne pas avoir pris part à cette réunion, car « nous aurions été mis devant le fait accompli en cautionnant une démarche inacceptable sur la forme et sur le fond », lit-on dans le communiqué.