L’Algérie préconise la déradicalisation et une approche globale dans la lutte contre le terrorisme qui menace désormais toutes les sociétés. L’Afrique et la région du Sahel en particulier reste de par sa fragilité soumise à cette menace accentuée par la déstabilisation des Etats de la région.

La lutte contre ce phénomène transnational nécessite coopération et convergence de vues entre les différents partenaires. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, se trouve à Paris pour une visite au cours de laquelle il aura des entretiens avec son homologue français, Jean Yves Le Drian dans le cadre de la concertation entre les deux pays. Paris et Alger entretiennent des contacts réguliers notamment sur la question sensible du Sahel et la lutte contre les groupes terroristes présents dans cette région.
L’action de la France dans cette zone géographique au travers de plusieurs dispositif opérationnels constitue un sujet de discussion entre les deux pays notamment sur la question malienne ou l’accord d’Alger reste, malgré ses imperfections, le processus politique le plus abouti dans l’objectif de résorber la crise dans ce pays. Ainsi, l’Algérie tient à préconiser une approche plus globale pour lutter contre le fléau du terrorisme et un travail à la base. Pour Alger, « le rétablissement de la sécurité est un processus à long terme qui passe obligatoirement par la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, et que cela ne nécessite pas seulement l’élaboration de stratégies militaires, mais aussi le renforcement des capacités des pays et la consolidation des efforts en vue de trouver des solutions socio-économiques à ces pays ».
Durant cette virée dans la capitale française, Messahel animera au siège de l’Unesco une Conférence sur « la Journée internationale du vivre ensemble en paix ». Cette journée est consacrée par la Résolution 72/130 de l’Assemblée Générale de l’ONU, initiée par l’Algérie, qui proclame le 16 mai de chaque année, «Journée internationale du vivre ensemble en paix ». Le ministre donnera également, le 11 avril prochain, une Conférence à l’Institut français des Relations internationales (IFRI) dont l’intitulé est : « Contre le terrorisme et l’extrémisme, la dé-radicalisation : l’expérience algérienne », au cours de laquelle le Chef de la diplomatie expliquera l’approche algérienne en la matière.

Partage d’expérience
Avant son déplacement Messahel avait ouvert les travaux de la réunion de haut niveau sur la lutte contre le financement du terrorisme. Lors du discours d’ouverture, Messahel a tenu à déclarer que « l’Algérie qui a combattu le terrorisme dans les années quatre-vingt-dix, et qui continue toujours à faire face à ses résidus, est convaincue que la sécurité est indivisible et que l’élimination de la menace terroriste en Afrique et dans le monde nécessite la conjugaison des efforts, le partage des expériences et le renforcement de la coopération régionale et internationale». La réunion s’est ouverte hier pour deux jours avec la participation des représentants des Etats africains, des organisations et des experts internationaux qui se pencheront sur les questions d’ordre stratégique préoccupant collectivement les Etats, ainsi que sur les moyens et méthodes de lutte contre le terrorisme.
Les participants traitent différentes thématiques d’importance dont la connaissance des méthodes et techniques du financement dont les systèmes alternatifs de transferts de fond, les virements électroniques, les organisations à but non lucratif et les organismes de bienfaisance, en plus des moyens modernes de transfert d’argent et de crypto-monnaies. Il s’agira également de mettre le focus sur le financement du terrorisme par l’entremise de la criminalité transnationale organisée (drogue, armes et traites desêtres humains, contrebandes, extorsion, exploitation illégale des ressources naturelles, contrefaçon et trafic d’antiquités) et aussi l’identification des lacunes et le renforcement des unités nationales d’intelligence financières UIF et aussi des capacité d’application de la loi en plus de promouvoir la collaboration inter-institutions et le partage d’informations dans la lutte contre ce fléau.