Par Milina Kouaci
Des professionnels de la santé appellent à l’accélération de la campagne de vaccination et l’intensification de sensibilisation pour la vaccination afin de limiter la propagation de coronavirus dans le pays, notamment à la lumière de l’apparition de nouveaux variants. Un appel qui intervient au lendemain de la décision de plusieurs pays européens de suspendre la vaccination à l’AstraZeneca, après avoir constaté la formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées.
En Algérie, «aucune complication n’a été enregistrée depuis le début de la vaccination lancée fin janvier», affirme le secrétaire général du Syndicat autonome des biologistes de santé publique (SABSP), écartant ainsi une relation de cause à effet entre le vaccin anglo-suédois et les troubles de la coagulation chez les personnes vaccinées. «Nous n’avons pas enregistré de complications sévères dues au vaccin», ajoute M. Boudjelal.
Le docteur en microbiologie s’inquiète plutôt du «retard» qu’accuse le pays dans la campagne de vaccination, notamment si l’on établit une analogie avec les pays voisins. Pour lui, l’Algérie n’est même pas parvenue à vacciner 01% de sa population. «Près de deux mois après le début de la vaccination, nous avons vacciné entre 75 000 et 80 000 personnes», regrette le Dr. Boudjelal. Il indique qu’un nombre conséquent de personnes sont inscrites sur la plateforme numérique en vue de bénéficier du vaccin contre la Covid-19. Notre interlocuteur insiste : «Le vaccin est la seule solution pour éviter les complications sévères et protéger les personnes présentant des faiblesses immunitaires», notamment après la détection des variants britannique et nigérian dans le pays, en mettant en exergue la nécessité l’intensifier la campagne de sensibilisation sur l’importance de la vaccination, car le taux de propagation du variant britannique est 70% supérieur à la Covid-19.
De son côté, le président du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), Ghachi Lounès, appelle à s’inscrire en nombre sur la plateforme numérique et d’attendre son tour au vu de la stratégie de priorisation et des quantités reçues. «L’Algérie a importé des doses qui ne suffisent pas certes pour tous les Algériens, mais je les encourage à s’inscrire d’abord sur la plateforme numérique afin de se faire vacciner».
S’agissant de la polémique sur le vaccin anglo-suédois, le président du SAP tire à boulets rouges sur les personnes qui appellent à sa suspension, sans être «connaisseur du sujet». «Nous avons un Comité scientifique qui a d’éminents spécialistes placés sous l’autorité sanitaire qui a la prérogative de s’exprimer sur la fiabilité de cet antidote», clame M. Ghachi Lounès. Il estime judicieux de laisser le Comité scientifique travailler dans «la sérénité loin de toute campagne de désinformation». Ce dernier manifeste explicitement sa «confiance» aux hautes autorités et au ministère de la Santé qui n’importera pas un «vaccin qui nuira à la santé des citoyens», d’autant qu’aucune complication n’a été enregistrée depuis le début de la campagne de vaccination, dit-il.
Sur un autre volet, il qualifie la «situation épidémiologique de stable et sous contrôle», en s’appuyant sur les bilans communiqués quotidiennement par l’autorité sanitaire, mais en préconisant de continuer d’observer les règles sanitaires pour empêcher la propagation du virus à nouveau.
Le professeur Mustapha Khiati, président de la Forem, dénonce de son côté «la défaillance du ministère de la Santé en termes de communication institutionnelle». «Les décideurs devraient s’expliquer sur le retard accusé dans la réception de nouvelles doses de vaccin anti-covid», regrette Pr. Khiati.
Il y a lieu de préciser que l’Algérie a réceptionné 50 000 doses du vaccin russe Sputnik-V, le 29 janvier, et une quantité similaire d’AstraZeneca,le lendemain. Selon l’autorité sanitaire, le pays devrait recevoir 1,8 million de vaccins dans le cadre du dispositif onusien Covax avant fin mars. <