La disposition juridique, qui entend réprimer le phénomène de la violence urbaine perpétrée par les bandes organisées dans les cités, prévoit de lourdes peines d’emprisonnement pour les coupables et une assistance pour les victimes.

Le texte de loi de lutte contre les bandes organisées – une Ordonnance – a été publié au dernier numéro du Journal Officiel. Il dénomme ces groupes criminels de «bandes de quartier» qu’il définit comme «tout groupe qui, sous quelque dénomination que ce soit, composé de deux personnes ou plus, appartenant à un ou plusieurs quartiers d’habitation, commet un acte ou plus dans le but de créer un climat d’insécurité, à l’intérieur des quartiers ou dans tout autre espace». «Dans le but d’en assurer le contrôle, en usant de violences morales ou physiques, exercées à l’égard des tiers, en mettant en danger leur vie, leurs libertés ou leur sécurité ou en portant atteinte à leurs biens, avec port ou utilisation d’armes blanches apparentes ou cachées», précise le texte de loi.
L’Ordonnance considère comme arme blanche «toutes machines, tous instruments ou ustensiles tranchants, perçants ou contondants et tous objets susceptibles de porter un préjudice ou des blessures au corps humain ou qui peut constituer un danger à la sécurité publique, tels qu’ils sont fixés par la législation et la réglementation en vigueur, relatives aux armes». Elle stipule qu’est «puni d’un emprisonnement de dix (10) ans à vingt (20) ans et d’une amende de 1 000 000 DA à 2 000 000 DA, quiconque dirige une bande de quartier ou y exerce un commandement quelconque».
Il y est ajouté qu’il est passible «d’un emprisonnement de deux (2) ans à cinq (5) ans et d’une amende de 200 000 DA à 500 000 DA, quiconque encourage ou finance, sciemment, par tout moyen une bande de quartier (…)». «Quiconque crée ou organise une bande de quartier, s’enrôle ou participe sous quelque forme que ce soit dans une bande de quartier, tout en connaissant son objectif, recrute une ou plusieurs personnes pour le compte d’une bande de quartier» risque par ailleurs , selon le même texte de loi, «une peine d’emprisonnement de trois (3) ans à dix (10) ans et d’une amende de 300 000 DA à 1 000 000 DA».
«Sans préjudice des peines plus graves prévues par la législation en vigueur, est puni d’un emprisonnement de cinq (5) ans à quinze (15) ans et d’une amende de 500 000 DA à 1 500 000 DA, quiconque participe à une rixe, rébellion ou réunion d’une bande de quartier au cours de laquelle sont exercées des violences ayant entraîné la mort d’un de ses membres», est-il également mentionné dans l’article 25 de l’Ordonnance.
Qui avertit que «la peine est la réclusion criminelle à perpétuité, si la rixe, la rébellion ou la réunion a entraîné la mort d’une personne autre que les membres de la bande». Et que «si au cours de la rixe, rébellion ou réunion prévue dans le présent article, il est porté des coups et fait des blessures, la peine est l’emprisonnement de deux (2) ans à sept (7) ans et l’amende de 200 000 DA à 700 000 DA. Le minimum de la peine prévue au premier alinéa du présent article est porté au double si la rixe, rébellion ou réunion se produit de nuit», selon le même article.

L’associatif comme partie prenante
Dans le même cadre, est puni «d’un emprisonnement de cinq (5) ans à douze (12) ans et d’une amende de 500 000 DA à 1 200 000 DA, quiconque oblige une personne à rejoindre une bande de quartier ou l’empêche de rompre avec elle, en utilisant la force, la menace, l’incitation, le don, la promesse, la séduction ou tout autre moyen».
Selon le texte de loi, la disposition de lutte contre la violence morale «comprend toute agression verbale susceptible de causer la crainte ou la panique chez autrui, telles que la menace, l’injure, la diffamation, la terreur ou la privation d’un droit». Le texte précise que les victimes des bandes de quartier «bénéficient de l’assistance judiciaire de plein droit, des procédures de protection des victimes et des témoins prévues par la législation en vigueur».
Une commission nationale composée de représentants des ministères, des administrations et établissements publics concernés, des services de sécurité, de la société civile et des spécialistes en criminologie, en sociologie et en psychologie, placée auprès du ministre de l’Intérieur, sera chargée de «soumettre au Président de la République, un rapport annuel qui comprend, notamment, l’évaluation de la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention contre les bandes de quartier ainsi que ses propositions et recommandations pour renforcer et promouvoir les mécanismes nationaux en vigueur en la matière».
Le texte stipule aussi la création de commissions de wilayas de prévention contre les bandes de quartier qui seront chargées, notamment de «l’exécution de la stratégie nationale de prévention contre les bandes de quartier au niveau local, de la détection précoce des activités des bandes de quartier et d’en alerter les autorités concernées (…)».
Selon l’Ordonnance, «la société civile et le secteur privé sont associés à l’élaboration et à la mise en œuvre de la stratégie nationale de la prévention contre les bandes de quartier» et «les médias doivent inclure dans leurs programmes, la prévention contre les bandes de quartier». n