Les Algériens sont soulagés. La levée du confinement partiel à domicile, instauré en raison de la pandémie de Covid-19 il y a dix-neuf mois, est enfin étendue à toutes les wilayas du pays après l’annonce, lundi, de cette levée dans les 23 wilayas qui y étaient encore soumises. Cette mesure entre en vigueur à partir d’aujourd’hui pour une durée de 21 jours, sans doute pour voir quel sera l’impact pendant cette période sur la situation épidémiologique du pays.

PAR INES DALI
Après le pic de près de 2.000 cas à la fin de juillet dernier, la décrue des contaminations s’est poursuivie jusqu’à atteindre un niveau en-dessous de la barre des 100 cas confirmés par jour en ce mois d’octobre. D’une façon générale, les bilans quotidiens officiels sont autour de la centaine de cas confirmés de Covid-19, parfois un peu plus et parfois un peu moins, mais restent loin des niveaux d’alarme. C’est ce qui a encouragé la prise d’une telle décision par le gouvernement qui tient, toutefois, à mettre en garde contre un éventuel rebond de la pandémie, le virus étant toujours présent et en circulation aussi bien en Algérie que dans les autres pays du monde. La pandémie de Covid-19 n’est pas encore éradiquée.
Dans ce cadre, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, hier, que la décision de la levée du confinement partiel à domicile dans tout le pays est intervenue après «l’important recul constaté» pour le nombre des cas d’infections au Covid-19.
Néanmoins, autant dire que la bataille contre cette pandémie est loin d’être terminée puisque le risque de voir une reprise des cas positifs de Covid-19 est omniprésent, selon le ministre, qui a tenu à rappeler que les spécialistes en ont tous parlé en mettant en garde quant à «une éventuelle quatrième vague qui risque d’apparaître en novembre ou décembre prochains». Une occasion pour le Pr Benbouzid de revenir sur la vaccination qui connaît, selon lui, un niveau qu’il a qualifié de «bas, pas encore à la hauteur des prévisions et de l’objectif fixé» de vacciner 70% de la population de plus de 18 ans d’ici à la fin de l’année.
Le premier responsable du secteur de la santé a réitéré son appel à la population de se faire vacciner, soulignant que «cette période d’accalmie est le meilleur moment pour recevoir l’antidote» et assurant que «les vaccins sont disponibles en quantités suffisantes se chiffrant à des millions de doses». Les spécialistes ont également expliqué, tout au long de ces derniers jours et même depuis le début de la décrue, qu’il faut saisir cette opportunité qui s’offre de la période idoine à la vaccination pour éviter une éventuelle reprise. Les professionnels de la santé ont mis en exergue, à chaque fois que l’occasion leur a été donnée, qu’il faut «profiter de cette situation d’accalmie et de stabilité de la pandémie pour vacciner le maximum de personnes possibles».
Ils ont également expliqué comment le virus peut continuer à se propager, en précisant que la décrue ne veut pas dire la fin de la pandémie car «un fond des contaminations subsiste» et c’est ce fond qui sera ensuite «propagé par les porteurs» du virus. C’est ce qui est arrivé durant les périodes d’accalmie qu’a connues l’Algérie. L’été de l’année dernière, un premier pic des contaminations a été atteint en juillet. S’en est suivie une décrue et une stabilisation de la situation épidémiologique qui a duré un moment avant que les contaminations reprennent, petit à petit, pour dépasser le nombre de juillet et enregistrer un nouveau pic en novembre 2020. Le pays a connu, par la suite, une autre décrue qui avait duré et qui aurait dû être mise à profit pour vacciner le maximum, mais cela n’a pas été fait pour différentes raisons. Le summum de contaminations a, ensuite, été atteint l’été dernier avec près de 2.000 cas confirmés par jour, mettant, ainsi, la situation épidémiologique du pays en danger, avec son lot de décès et de malades en soins intensifs en raison notamment du problème d’oxygène, sans omettre la saturation des services Covid et de réanimation au niveau des hôpitaux.
Il s’agit, maintenant, de faire en sorte d’éliminer les facteurs de risque et pour éviter que la même situation soit vécue, encore une fois, par les Algériens. C’est la vaccination qui est citée, à chaque fois, comme seule solution possible et disponible actuellement à la pandémie de Covid-19. Une vaccination sur laquelle continuent de sensibiliser aussi bien les professionnels de la santé que les pouvoirs publics. Tant que l’Algérie n’a pas encore atteint l’immunité collective par la vaccination d’au moins 70% de la population adulte, le pays n’est pas à l’abri d’une autre vague qui pourrait être «plus dévastatrice» et «plus meurtrière» que les précédentes, selon les spécialistes. L’éventualité que surgisse un nouveau variant de Covid-19 plus dangereux que le Delta n’est pas non plus écartée. Le passé récent a prouvé que toute nouvelle vague peut avoir son lot de mauvaises surprises avec des situations difficilement maîtrisables.
En attendant de voir les citoyens reprendre le chemin des centres de vaccination, les recommandations qui insistent sur la poursuite du respect des mesures de prévention sans céder au relâchement sont toujours de mise. Les appels à la population de ne pas sortir dans les lieux publics sans masque ou bavette et de garder une distanciation physique restent d’actualité, aussi bien pour les non-vaccinés que pour les vaccinés, tant que l’immunité collective n’est pas atteinte. La baisse de la vigilance est citée par les spécialistes comme l’un des facteurs pouvant conduire à une éventuelle autre vague qui pourrait se révéler bien plus grave que la précédente. n