Les biologistes se disent «lésés et marginalisés» par la tutelle qui ne les associe pas dans son plan de réflexion et d’action dans la lutte anti-Covid. Dans une déclaration à Reporters, le secrétaire général du Syndicat national des biologistes de la santé publique (SABSP) Youcef Boudjelal reproche à la tutelle d’ignorer les solutions proposées par d’autres corps de santé. «Notre syndicat a envoyé des correspondances au ministre de la Santé, au Directeur de la Prévention et à l’Inspecteur général du ministère dans lesquelles nous avons fait des propositions concernant la situation épidémiologique dont des demandes de collaboration. Nous avons aussi exprimé notre disposition à faire tourner les nouveaux laboratoires d’analyses créés dans ce contexte de crise sanitaire avec la montée en cadence des tests de dépistage de l’infection de la Covid-19, mais ces propositions sont restées sans suite», regrette notre interlocuteur. «Le fossé se creuse davantage entre nous et le ministère de tutelle», alerte notre interlocuteur, qui ajoute que «la tutelle consulte les médecins, les paramédicaux et les psychologues, mais pas les biologistes», regrette-t-il. Il souhaite que la tutelle investisse dans les 9 000 biologistes de santé publique qu’il qualifie «d’expérimentés et de compétents».
Le secrétaire général du SABSP explique que, contrairement au ministère de la Santé, «les établissements universitaires qui se sont dotées de laboratoires d’analyses et de dépistage du coronavirus ainsi que des institutions privées nous sollicitent pour former leur personnel dans cette conjoncture de crise sanitaire, alors que notre tutelle nous ignore», poursuit le Dr. Boudjelal. A ses yeux, le ministère de la Santé doit investir dans cette corporation, en réglant le statut de biologiste de santé publique, car l’absence de perspective professionnelle et l’attitude «hautaine» de l’autorité sanitaire poussent nos biologistes à l’exil ou à l’immigration vers le secteur de l’enseignement supérieur.
Selon le syndicaliste, les conditions de travail et le sentiment de marginalisation font qu’un nombre conséquent de biologistes, après des années de service, déposent leur démission pour rejoindre le ministère de l’Enseignement supérieur ou fuient le pays. «Nous avons des docteurs d’Etat qui font le travail d’un technicien dans un laboratoire. Pour ces raisons, ils préfèrent développer leur carrière dans le secteur de l’enseignement supérieur à travers l’habilitation universitaire».
Notre interlocuteur, qui appelle les autorités compétentes d’agir pour retenir ces compétences, n’a pas omis de rappeler que le syndicat réclame l’intégration de certains biologistes qui demeurent dans le corps commun et dans les conseils médicaux ainsi que l’octroi d’une prime de documentation et d’encadrement. <