Le parachèvement dans les plus brefs délais des mesures contractuelles pour le projet de réalisation d’une unité de production du vaccin russe Sputnik V, l’augmentation du stock national de vaccins, ainsi que la poursuite des pourparlers avec d’autres partenaires pour obtenir les anticoronavirus sont parmi les principaux points retenus dans le volet vaccination lors de la réunion du Conseil des ministres tenue dimanche.

PAR INES DALI
Ce sont autant de points qui démontrent, une fois de plus, la lenteur de la vaccination. Une lenteur que même le Président Abdelmadjid Tebboune semble avoir évoquée en filigrane lorsqu’il a «insisté sur l’impératif d’augmenter le stock national des vaccins anti Covid-19», selon le communiqué diffusé à l’issue du Conseil des ministres. Mais pas seulement. Il a également insisté sur «le parachèvement des mesures contractuelles et opérationnelles requises pour concrétiser le projet de production en Algérie du vaccin russe Sputnik V dans les plus brefs délais». C’est la troisième fois qu’il revient, lors d’un Conseil des ministres, sur le projet de production de l’anticoronavirus en Algérie, et ce, après avoir entendu un exposé du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière portant sur «le suivi global des opérations de vaccination et l’état de mise en œuvre de la stratégie d’acquisition des vaccins».
L’insistance sur le projet de production locale des anti-Covid-19 devient donc lui aussi un impératif étant donné que c’est la seule manière de sécuriser l’approvisionnement du pays en la matière et de pouvoir, ainsi, assurer la vaccination de 70% de la population qui permet d’obtenir l’immunité collective. Cette fois-ci encore, le Chef de l’Etat a réitéré le mot «dans les plus brefs délais», ce qui se traduit par le fait que des efforts doivent encore être fournis en agissant sur le facteur temps, afin que «les mesures contractuelles et opérationnelles» avancent de manière à aboutir à la concrétisation du projet de production à l’échelle locale, surtout devant les nombreuses difficultés d’approvisionnement auxquelles font face l’ensemble des pays du monde et la pression de la demande sur les laboratoires fabricants.
A ce propos, le Pr Kamel Senhadji, directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), a indiqué, dans une récente déclaration, que les discussions avec la partie russe sont avancées pour produire le vaccin Sputnik V en Algérie». Il a également donné une estimation en termes de temps, révélant que la production de l’anticoronavirus serait «possible dans un délai de six mois». «Toutes les conditions sont réunies pour adapter les laboratoires algériens dans la fabrication du vaccin qui pourra avoir lieu au deuxième semestre de cette année», a-t-il affirmé.
En attendant la production locale de vaccins, la pandémie de Covid-19 poursuit sa propagation en Algérie et les variants (britannique et nigérian) semblent bien installés même si, pour l’heure, la situation épidémiologique reste dans une relative stabilité. D’où la vaccination doit se poursuivre avec les achats auprès des laboratoires et pays producteurs. Dans son exposé en Conseil des ministres, le premier responsable du secteur de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a assuré que «les enveloppes financières sont disponibles en exécution des engagements de l’Etat», suite à quoi le Président a insisté sur «la diversification des contacts avec les partenaires de l’Algérie dans ce domaine», en sus de «l’augmentation des stocks» à laquelle il a fait référence, même s’il est clair qu’on ne peut parler de stock mais seulement d’un approvisionnement plus important, étant donné que le pays ne dispose actuellement que de la dernière cargaison de vaccins de 364.800 doses réceptionnées samedi dernier.
Cette nouvelle quantité permettra d’«augmenter la cadence» de vaccination durant le mois d’avril courant, avait affirmé le directeur de l’Institut Pasteur d’Algérie, ajoutant que la stabilité de la situation pandémique dans le pays permettra de «poursuivre à l’aise» cette opération.
Pour en revenir à la déclaration du ministre de la Santé sur la «disponibilité des enveloppes financières en exécution des engagements de l’Etat», il est utile de noter que ce n’est pas la première fois qu’il évoque le côté financier. Avant lui, il y a également eu le ministre des Finances qui avait assuré qu’une enveloppe conséquente a été consacrée à l’acquisition des vaccins. Sauf qu’actuellement, le problème n’est pas seulement lié au volet financier, mais plutôt à la disponibilité des vaccins, dont plusieurs producteurs ont fait état de retards de livraisons, et la tension mondiale qui s’en est suivie sur demande. Ce qui a fait dire au ministre de la Santé que la situation était hors de son contrôle et que l’Algérie a dû faire appel à sa diplomatie.
Il est attendu que l’Algérie reçoive d’autres vaccins durant ce mois d’avril, selon le Pr Benbouzid, qui a évoqué, dans ce sens, un total de 920.000 doses de vaccin russe Sputnik V, pour lequel la partie algérienne a déjà «payé une avance», a-t-il révélé en fin de la semaine dernière. L’Algérie s’apprête également à recevoir prochainement plusieurs autres vaccins. «On attend la réception de plusieurs vaccins, comme le vaccin Pfizer, Johnson & Johnson et un autre vaccin chinois», toujours selon une récente déclaration du ministre de la Santé.