Le lancement tant attendu de la campagne de sensibilisation sur la vaccination contre le nouveau coronavirus a finalement eu lieu hier, après un silence qui a commencé à devenir pesant, surtout que le début de la campagne de vaccination est maintenu pour le mois en cours et qu’une partie de la population a fait part de son appréhension.

Pour la circonstance, le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Dr Djamel Fourar, a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a assuré que la vaccination débutera en ce mois de janvier, dès la réception du vaccin, mais sans avancer une date exacte. «La vaccination contre le coronavirus commencera dès la réception des premières doses de vaccin prévue dans les prochains jours», a-t-il dit. Lorsque la question lui a été posée sur une date possible, il a répondu : «L’instruction du président de la République est claire. Nous allons commencer la vaccination en janvier dès que nous recevrons le vaccin dans quelques jours, peut-être deux ou trois jours, une semaine. Nous allons commencer, nous sommes prêts. Nous avons mobilisé toutes les structures de santé, de proximité et autres structures mobilisables. Le personnel est identifié et mobilisé dans toutes les wilayas. Nous avons également identifié les endroits où nous allons stocker le vaccin de manière sécurisée».
Il a fait savoir, dans ce contexte, qu’une réunion par visioconférence doit se tenir aujourd’hui, dimanche, avec des responsables du secteur sanitaire des 48 wilayas afin de «régler définitivement le sujet de la stratégie vaccinale pour réussir l’opération de vaccination», rappelant que des consignes avaient déjà été données auparavant pour répertorier les chambres de froid, leur maintenance, mobiliser le personnel, etc.
«Plusieurs wilayas sont prêtes même si on devait commencer la vaccination dans une semaine, tout le monde est prêt», a-t-il indiqué, révélant qu’une commission est mise en place pour suivre quotidiennement cette opération de vaccination concernant l’acheminement des doses vaccins, leur stockage, etc. «La chaine de froid est prête depuis l’arrivée du vaccin jusqu’à sa disposition dans les unités de vaccination. Tous les moyens sont prêts au niveau national ainsi que les moyens logistiques», selon le même responsable, qui a fait savoir que la première halte des produits se fera à l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) qui a la responsabilité de les stocker avant leur acheminement au niveau des autres structures de santé. Outre la mobilisation des structures de santé et des personnels qui sont «rôdés» et qui ont «une longue expérience en la matière», il y aura également des «équipes itinérantes pour vacciner les populations des zones reculées».
Pour réussir l’opération de vaccination, une formation s’est révélée nécessaire et les autorités sanitaires ont mis en place «une commission» dont le rôle est de prendre en charge ce volet. «On a mis en place un programme de formation qui va débuter la semaine prochaine pour former des encadreurs au niveau des wilayas. La formation se fera sous la supervision du comité de vaccination», selon le Dr Fourar, qui a mis en avant le travail du Comité scientifique dans toutes les étapes depuis le début de la pandémie.
La sensibilisation, un rôle clé
«C’est, en gros, l’ensemble des mesures prises pour commencer la vaccination en janvier courant», a résumé Dr Fourar, qui a appelé à «l’implication des médias dans la sensibilisation, en s’appuyant sur les données scientifiques et les déclarations des professionnels en la matière». C’est ainsi qu’il a réitéré qu’il compte sur «les médias nationaux pour convaincre les citoyens de l’importance du vaccin, surtout que la vaccination reste le seul moyen de se prémunir contre le coronavirus».
Le conférencier a réitéré, à maintes reprises, la nécessité de se faire vacciner, indiquant que les catégories devant bénéficier prioritairement de l’antidote anti-Covid-19 ont été déterminés par le Comité scientifique. La priorité est donc donnée aux personnels de la santé, aux personnels exerçant une fonction stratégique, aux personnes âgées de 65 ans et plus, aux malades chroniques et, enfin, à la population âgée de 18 ans et plus. En revanche, les femmes enceintes, les personnes présentant une allergie aux composants du vaccin ainsi que les enfants ne sont pas concernés, a ajouté le même responsable, rappelant que «le vaccin n’est pas obligatoire, comme dans le reste du monde, mais il est recommandé, car il reste l’unique moyen de se prémunir contre le Covid-19 et qui permet de casser sa chaine de transmission», cela d’autant que «l’Organisation mondiale de la santé (OMS a indiqué que nous devons encore cohabiter avec ce virus». Il a tenu à préciser que la vaccination à elle seule ne suffit pas et que les mesures de prévention éditées auparavant sont toujours valables et le resteront encore et, selon lui, les médias ont aussi un rôle de sensibilisation dans ce sens outre de faire connaitre les bienfaits de la vaccination. A propos de cette dernière, les autorités sanitaires ont prévu «un contrôle des effets secondaires même s’ils sont bénins». Pour ce faire, «nous avons un organisme qui travaille dans ce cadre depuis 2001 et il a été renforcé dans le cadre du Covid-19», selon Dr Fourar.
Sur le choix du vaccin, outre le Spoutnik V avec lequel l’Algérie va commencer la vaccination, le conférencier a réitéré que «l’Algérie ne mise pas sur le vaccin d’un seul laboratoire, mais aura recours, à l’instar des autres pays, à plusieurs antidotes de différents laboratoires parmi ceux approuvés pour leur innocuité et leur efficacité». L’initiative Covax, rappelle-t-on, ne peut garantir que 20% des besoins de doses d’antidotes exprimés par l’Algérie.
Concernant l’enveloppe budgétaire mobilisée par l’Etat à l’opération de vaccination, il a fait état de l’affectation de 15 milliards de dinars pour la première quantité, qui s’élèvera, par la suite, à un montant de 200 milliards de dinars, au fur et à mesure de l’arrivée des autres doses.