Cette livraison s’inscrit dans le cadre de l’accord passé entre le fabricant chinois et l’institut Pasteur d’Algérie, prévoyant la remise aux autorités sanitaires algériennes de 15 millions de doses d’ici la fin 2021.

Par Salim Benour
La réticence de nombreux algériens à se rendre aux centres de vaccination incite le gouvernement à déplacer ces services auprès d’eux dans les quartiers afin qu’ils reçoivent l’antidote au covid19. C’est l’idée qui semble se dégager de l’initiative prise de lancer hier à Alger une campagne pilote dans trois quartiers d’Alger et de sa périphérie en attendant que l’opération soit élargie à l’ensemble des régions du pays. Il s’agit d’une caravane qui s’est établie hier à la cité Mahieddine dans la capitale, à Bentalha et la cité AADL de Reghaia. Sous le slogan «la vaccination, une protection pour tous», cette campagne pilote vise à «se rapprocher davantage du citoyen, en dépit de l’existence de structures sanitaires de proximité». Selon le directeur de la santé de la wilaya d’Alger, «la présence des équipes médicales et des ambulances de la Protection civile au niveau des esplanades des cités est à même de susciter la curiosité des citoyens et de les inciter à se faire vacciner». La caravane de vaccination atteindra aujourd’hui les cités de Sidi Abdallah à Zéralda, Sorecal à Bab Ezzouar et Dergana.
En ce qui concerne la disponibilité du vaccin, un avion de transport militaire a atterri, vendredi soir, à la base aérienne de Boufarik, à son bord une nouvelle cargaison de 2.400.000 doses d’antidote chinois Sinovac. Cette quantité fait partie des 15 millions de doses que le fabricant chinois destine à l’Algérie d’ici la fin de l’année dans le cadre d’un partenariat signé avec l’institut Pasteur Algérie. Selon un communiqué du MDN, «d’autres opérations similaires» sont prévues pour «acheminer des quantités du vaccin ainsi que des équipements médicaux, qui seront réceptionnés dans les prochains jours et semaines afin de renforcer le système de santé national». Au chapitre de la coopération industrielle et scientifique, des experts chinois sont arrivées à Constantine dans la nuit de vendredi à samedi, pour inspecter les équipements et les matériels destinés à la production du vaccin anti-Covid Sinovac, au niveau de l’unité du Groupe Saidal.

Sputnik, retard à l’allumage
D’après un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique, la délégation de scientifiques chinois procédera à «des expertises techniques au niveau de l’unité de production qui relève du Groupe Saidal, dès la fin de la période de confinement sanitaire». Cette visite d’inspection se veut, selon la même source, «une étape très importante dans le planning de production du vaccin chinois en Algérie». Le ministère de l’Industrie pharmaceutique avait affirmé dans un précédent communiqué que cette visite à l’unité de Saidal de Constantine destinée à la production vaccins anti-Covid, a été l’un des axes de la réunion du comité intersectoriel du suivi du projet de la production du vaccin anti-covid-19. Mardi 13 juillet, le ministre de l’Industrie pharmaceutique Abderrahmane Benbahmed avait indiqué que Saidal compte produire à partir de septembre prochain 2,5 millions de doses de vaccins anti-Covid par mois, de type Spoutnik V et Sinovac,
Cette capacité de production pourra être augmentée en faisant appel à l’une des huit autres unités de production équipées et homologuées en Algérie pour réaliser le procédé de répartition aseptique «fill & finish» adopté, dans un premier temps, pour la production de ces deux vaccins, a ajouté le ministre. Pour le vaccin russe Spoutnik V, Saidal devrait passer à la fabrication de la matière première, ce qui nécessitera plus de temps, a avoué le ministre, alors que des interrogations se sont multipliées sur la raréfaction de l’information concernant ce projet confirmé le 7 avril 2021 après avoir été annoncé plusieurs semaines auparavant. M. Benbahmed a affirmé que, retard ou pas, qu’il s’agit d’un partenariat stratégique avec l’institut de recherche russe, Gamaleya, qui s’étendra, également, à des produits de bio-technologie, notamment des médicaments d’oncologie qui coûtent à l’Etat 600 millions d’euros par an. Le ministre a souligné qu’il sera possible de gagner 5 à 6 dollars par dose, et lorsqu’on devra produire 50 millions de doses, cela fera 250 millions de dollars d’économie, «ce qui n’est pas négligeable».