Le Syndicat algérien des biologistes de la santé publique (SABSP) lance un appel pour l’accélération de la campagne de vaccination afin de limiter la propagation du variant britannique et son impact sur la situation épidémiologique et les complications que cela peut engendrer.

Le secrétaire général du SABSP, Dr Youcef Boudjelal, microbiologiste, déclare à ce propos : «Notre syndicat appelle les autorités concernées à accélérer la cadence de la campagne de vaccination contre la Covid-19.» En précisant que «plus on sera rapide pour la vaccination des personnes des catégories les plus vulnérables, comme les personnes âgées et les malades chroniques, plus vite ont pourra juguler la propagation du variant britannique qui a un fort taux de contamination».
Il rappelle, qu’en ce moment, il y a trois principaux variants qui circulent dans le monde, le variant brésilien, le variant sud-africain et le variant britannique. Ce dernier, dont la présence a été détectée en Algérie, a la particularité d’avoir un indice de contagiosité, soit un taux de propagation qui est de 50 à 70 %, supérieur au virus original de la Covid-19.
Dr Youcef Boudjelal souligne, toutefois, que les récentes études cliniques démontrent que malgré ce fort taux de propagation, il n’y a pas un fort taux de létalité chez les personnes contaminées. C’est-à-dire, malgré le fort taux de contagiosité, il n’y a pas eu une augmentation du taux de mortalité chez les malades contaminés par le variant britannique.
Toutefois, les études du cas de la propagation du virus britannique en Grande-Bretagne ont démontré que même si ce virus est devenu dominant en représentant 70% des cas de contamination, le fait que les autorités britanniques ont intensifié la campagne de vaccination atteignant 30% de la population, soit 20 millions de personnes, a permis de désengorger les hôpitaux et faire baisser le taux de létalité.
Le secrétaire générale du SABSP insiste ainsi sur le fait que l’intensification de la campagne de vaccination contribuera efficacement à juguler la propagation du variant britannique. Et, par conséquent, contribuera à limiter les fortes affluences des malades vers les hôpitaux et ainsi réduire les risques de fortes pressions en termes de demandes de lits d’hospitalisation dans les structures de santé. Mettant également en relief l’importance de «la protection des personnes âgées de plus de 65 ans et les malades chroniques qui ont, eux, de fortes probabilités de développer les formes graves de la contamination au variant britannique du coronavirus».
Dr Youcef Boudjelal insiste sur l’importance de la vaccination anti-covid, d’autant plus que «les vaccins anti-covid sont toujours efficaces contre le variant britannique, même si le taux d’efficacité a légèrement baissé». Il précise à ce sujet que «le taux d’efficacité a certes diminué contre les formes graves de la maladie, mais les vaccins actuels protègent toujours contre les complications très graves de la maladie qui nécessitent que le patient soit placé en unité de réanimation ou qui peuvent mener au décès des malades contaminés par le virus».
Concernant le constat de la réalité sur le terrain de la campagne de vaccination en Algérie, le secrétaire général du SABSP confie qu’«au départ, cela avançait dans un bon sens, mais ces derniers jours, on a constaté un fort ralentissement de cette campagne de vaccination».
Il affirme dans ce sillage qu’«on nous a signalé des ruptures de stocks de vaccins dans plusieurs structures de santé dédiées à la vaccination». Enchaînant : «Sincèrement, on espère que les choses vont rapidement rentrer dans l’ordre avec le début de vaccinationpar le vaccin chinois, car il est crucial aujourd’hui de vacciner le plus grand nombre de personnes possible.»
Il réitère l’appel du Syndicat des biologistes, en soulignant qu’«il faut absolument vacciner rapidement le plus grand nombre de personnes afin de sortir de la zone de risque d’une situation épidémiologique intenable et limiter l’impact de ce variant britannique tant sur le plan du système de santé et par ricochet du système économique». Dans cet esprit, Dr Youcef Boudjelal a également mis en relief l’importance de renforcer la campagne de sensibilisation pour inciter le plus grand nombre d’Algériens à se faire vacciner afin d’atteindre le taux d’immunité collective le plus rapidement possible.
Le microbiologiste souligne, par ailleurs, l’inquiétude de nombreux experts biologistes, en déclarant qu’«il y a un autre danger qui risque de frapper à nos portes, celui du variant sud-africain». Il précise à ce propos que «selon de récentes études, il a été établi que la réaction immunitaire que le corps humain a développée pour se protéger contre le coronavirus n’est pas efficace contre le variant qui est apparu en Afrique du Sud». Soulignant qu’en un mot, «le corps humain n’a pas de réponse immunitaire face au variant sud-africain car il a développé un moyen d’échapper à cela et par conséquence les personnes contaminées par ce variant, même si elles ont développé des anticorps contre le virus original de la Covid-19, il y a de forts risques qu’elles retombent malades et développent des formes graves de la maladie car leur système immunitaire est devenu obsolète face à ce type de variant». <