La campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus s’est poursuivie, hier, au quatrième jour de son lancement, dans quatre wilayas de l’ouest, de l’est et du centre du pays, à savoir Oran, Tlemcen, Constantine et Tizi Ouzou. Elles ont été choisies car elles se trouvent être parmi les plus touchées par la pandémie de Covid-19. Ce sont au total huit wilayas dans lesquelles la vaccination a été lancée, le coup de starter de l’opération ayant été donné à Blida samedi dernier, suivie par Alger dimanche, ensuite Tipasa et Boumerdès lundi.
Jusqu’à hier matin, l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) a pu envoyer le vaccin dans 20 wilayas du pays, conformément au calendrier qu’il avait établi. Mais concernant les quantités expédiées, l’IPA ne les a pas communiquées. A Oran, c’est le personnel médical qui a reçu la première dose au niveau de l’Etablissement hospitalier public (EHU) avant de pouvoir élargir la campagne de vaccination. A Constantine, le directeur de la santé et de la population a affirmé qu’il y avait «une adhésion de la population, surtout des personnes âgées» au niveau de la polyclinique où le coup d’envoi a été donné. Ce sont des personnes qui «se sont présentée de façon spontanée, qui ont eu leur visite médicale et, enfin, leur première dose de vaccin», a-t-il dit. Cette adhésion «dénote d’une prise de conscience sanitaire par rapport à cette pandémie», a-t-il estimé. Après la réception du premier quota du vaccin russe Spoutnik V, ce responsable a déclaré souhaiter recevoir d’«autres quotas bientôt pour permettre d’élargir la vaccination au niveau des douze communes et avoir une proximité de la vaccination». Il y a lieu de relever qu’il a parlé de «personnes qui se sont présentées de façon spontanée», or dans le programme vaccinal, il devrait s’agir plutôt d’une organisation au profit des personnes prioritaires d’abord et non de spontanéité.
Au-delà du lancement de la campagne vaccinale, les professionnels de la santé persistent à dire que l’organisation n’est toujours pas au niveau souhaité. Il est vrai que des quantités du vaccin Spoutnik V et d’AstraZeneka-Oxford sont arrivées en Algérie (10.000 doses, ndlr), que les catégories prioritaires sont annoncées, mais il reste à savoir comment gérer leur vaccination. C’est dans ce sens que s’est exprimé Dr Mohamed Bekkat-Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins. Pour lui, «il ne faut pas que le citoyen se sente lésé, il faut qu’il y ait de la transparence en matière de communication».
«Une véritable organisation doit être mise en place», a-t-il tenu à souligner. «Quand on parle de vacciner en priorité les personnes âgées de plus de 65 ans, comment les trouver, comment les appeler à se faire vacciner ? C’est la même question qui se pose quand on parle des malades chroniques… C’est pour cela que je dis qu’il faut une
organisation et une transparence dans la communication», a expliqué Dr Bekkat Berkani, notant que pour les malades chroniques, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS) peut être mise à contribution car ayant «le fichier national qui permettra de convoquer de façon organisée les personnes cibles».
Dans les faits, les catégories sont, certes, bien définies mais il manque une certaine méthodologie qui détermine comment atteindre chacune de ces catégories, par laquelle commencer et selon quel échéancier. Tout cela dépend, bien sûr, des quantités de vaccins disponibles, car c’est un élément clé dans la mise en place d’un calendrier vaccinal précis.
«Maintenant, il faut qu’on explique aux citoyens qu’on a décidé, par exemple, de commencer par telle ou telle catégorie afin qu’ils comprennent et ne se sentent pas lésés. Ensuite, il faut définir comment contacter les personnes de la catégorie choisie, etc.», préconise notre interlocuteur, qui est également membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus. «Les priorités sont connues, il suffit de les actionner et de les mettre en marche en toute transparence», conclut-il. n