Les Algériens bloqués à l’étranger et ceux résidant à l’étranger et voulant se rendre en Algérie continuent de lancer des appels aux pouvoirs publics afin qu’ils leur facilitent l’entrée au pays en mettant à leur disposition des vols spéciaux. Avec l’apparition et la propagation des variants du nouveau coronavirus dans plusieurs pays, les professionnels de la santé dans leur ensemble estiment que la vigilance est plus que jamais recommandée afin de ne pas compromettre les acquis réalisés en matière de maitrise de la pandémie en ouvrant les frontières aériennes, terrestres et maritimes et en faisant prendre le risque au pays de faire face à une éventuelle recrudescence.

Et justement, au moment où les opérations de rapatriement se poursuivent progressivement, les variants du nouveau coronavirus pourraient conduire l’Algérie à envisager la suspension des vols de rapatriement durant tout le mois de mars prochain comme mesure de prévention, selon des sources proches du dossier.
Ainsi, nombreux sont les Algériens bloqués à l’étranger qui continuent de demander à être rapatriés, et nombreux aussi sont ceux qui résident à l’étranger et qui veulent venir en Algérie pour rendre visite à leurs familles qu’ils n’ont pas vu au moins depuis que la pandémie de coronavirus a commencé à se propager dans le pays. Ces Algériens se trouvent dans plusieurs pays à travers le monde, notamment en France où on compte une forte communauté mais également au Royaume-Uni, en Espagne, au Canada, aux Emirats arabes unis… Ils déclarent que la pandémie de Covid-19 et les variants ne peuvent constituer une raison pour les empêcher de se rendre en Algérie et estiment qu’il suffit de se présenter aux frontières avec «un test PCR négatif». Certains ont affirmé avoir perdu un parent proche durant cette période et n’ont pu assister à l’enterrement, les frontières étant restées fermées.
Ce sont des revendications tout à fait légitimes selon les professionnels de la santé qui, pour leur part, estiment néanmoins qu’ouvrir les frontières, c’est prendre le risque de revenir à la case départ et revivre la situation catastrophique connue lors de la flambée d’avril 2020, ou de la recrudescence de l’été dernier ou encore celle de novembre dernier où on avait enregistré record sur record en dépassant les 1.000 cas confirmés par jour. Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus et président du Conseil national de l’Ordre des médecins, estime, à ce propos, que «les conditions sanitaires sont plutôt défavorables à une réouverture imminente des frontières du pays, surtout avec l’apparition des nouveaux variants de Covid-19 dans de nombreux pays». Tout en rappelant que la décision ne peut être prise que par les autorités politiques, il insiste qu’il est «encore trop tôt pour parler d’une réouverture des frontières et de la reprise des vols». Pour lui, il faut «rester attentif et surveiller l’évolution de la situation sanitaire non seulement en Algérie, mais aussi dans les pays voisins et européens notamment en France» où il y a une communauté importante d’émigrés algériens. Le Dr Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), est du même avis et souligne également la nécessité de «garder les frontières fermées avec l’apparition des nouveaux variants du coronavirus». Il attire l’attention sur ce qu’il pourrait advenir, en relevant que «la menace réside dans le fait que les structures sanitaires risquent d’être débordées par une nouvelle épidémie de nouveaux variants» et appuie son propos en ajoutant que plusieurs pays européens appliquent la même mesure afin de réduire au maximum le risque de contagion. Même son de cloche du côté du Pr Ryad Mahyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie, qui a recommandé «la prudence en ne procédant pas encore à l’ouverture des frontières, afin de préserver la stabilité de la situation épidémiologie et de maintenir les chiffres bas que nous avons». Dans ce chapitre, il y a lieu de noter qu’en Tunisie, pays voisin de l’Est avec lequel l’Algérie partage ses frontières, il est fait état de la découverte d’un variant de Covid-19 au début de la semaine. Ainsi, au moment où les appels pour rouvrir les frontières continuent de la part des ressortissants algériens à l’étranger, les professionnels de la santé continuent, à leur tour, de recommander la vigilance. La conjoncture actuelle, notamment où les variants de Covid-19 poursuivent leur propagation à travers les pays, ne permet pas d’ouverture. La pandémie des nouveaux variants a contraint les pays à restreindre leurs vols internationaux, voire dans certains cas à les suspendre. Une décision que l’Algérie pourrait prendre pour une durée d’un mois, en mars prochain, alors que les opérations de rapatriements se poursuivaient. Ceci est un véritable dilemme dans la mesure où chacune des deux parties présente ses arguments. Les citoyens proposent de rentrer au pays avec un test PCR négatif, alors que les professionnels de la santé mettent à jour le risque qu’encoure le pays dans le cas où des cas de variants franchissent la frontière.