Les quantités de vaccins anti-Covid-19 annoncées pour la fin de février ou, au plus tard, durant la première semaine de mars ne sont toujours pas arrivées en Algérie, et ce, alors que les appels à augmenter le rythme de la vaccination se font pressants de jour en jour. Il s’agit notamment des nouveaux lots de vaccins d’AstraZeneca dont l’annonce de réception avait été faite vers la mi-février. En attendant l’arrivage du vaccin suédo-britannique, la vaccination se poursuit avec l’antidote chinois Sinopharm, réceptionné la fin du mois dernier.
Différents responsables du secteur de la santé ont indiqué, à maintes reprises, que le vaccin suédo-britannique AstraZenaca-Oxford serait réceptionné à la fin de février. Les détails ont été donnés par la directrice de la pharmacie et des équipements médicaux au ministère de la Santé, Mme Wahiba Hadjoudj. «Le quota de vaccins réservé à l’Algérie par le programme Covax au premier trimestre de cette année est de 2.880.000 doses dont 35% estimée entre 700.000 et 800.000 doses du vaccin AstraZeneca seront livrées durant la dernière semaine de février», avait-elle déclaré lors d’une journée parlementaire sur «la pandémie de Covid-19 et la campagne de vaccination» au Conseil de la nation.
Quelques jours plus tard, une rectification a été apportée lorsqu’elle a annoncé qu’il y aurait un léger glissement de calendrier dans le programme de réception de ces quantités. «Etant donné que ce mois de février contient 28 jours, il se peut que nous ne poussions recevoir les 700.000 ou 800.000 doses d’AstraZeneca que la première semaine de mars», avait-elle révélé. D’autres quantités de différents vaccins totalisant entre 1,6 et 1,8 million de doses ont également été annoncées pour le mois courant dans le cadre du système Covax.
Le constat est que la première semaine de mars s’est écoulée et que les quantités prévues ne sont toujours pas arrivées, ce qui n’est pas sans compromettre la campagne vaccinale qui a débuté à petits pas et dont l’augmentation de la cadence reste tributaire de la disponibilité des vaccins. Une situation certainement attendue par les responsable de la santé puisque le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Dr Djamel Fourar, a déjà souligné que la campagne de vaccination est «modulable et flexible en fonction de l’arrivée des doses de vaccin».
La vaccination se poursuit, toutefois, avec l’antidote chinois Sinopharm dont la distribution a commencé dès la première semaine de mars et actuellement, selon Dr Fourar, l’ensemble des wilayas du pays sont en train de vacciner les populations prioritaires. C’est ce qui a été confirmé par plusieurs médecins et directeurs de la santé et de la population (DSP) au niveau de plusieurs wilayas. Youcef Boukhari, responsable à la DSP de la wilaya d’Oran, selon lequel la vaccination se poursuit normalement, a indiqué qu’«à Oran, on a reçu 7.800 doses du vaccin anti-Covid-19 chinois et on a commencé la vaccination avec dimanche dernier». Il a ajouté que «522 personnes ont été vaccinées à travers 42 polycliniques réservées à cet effet, notamment celles ayant une maladie chronique et celles de plus de 65 ans», avant d’appeler les oranais à s’inscrire via la plateforme numérique ou même en se déplaçant dans les centres vaccinaux.
Un autre exemple de la vaccination à l’anti-coronavirus chinois nous vient d’une wilaya de l’est du pays, Souk Ahras. «Après avoir épuisé les vaccins des premiers quotas, à savoir Spoutnik V et AstraZeneca, nous avons réceptionné un autre quota de 2.350 doses du vaccin Sinopham que nous avons ensuite réparti sur 36 centres de vaccination, cela outre plus de huit équipes mobiles qui vont sillonner les zones enclavées à travers toute la wilaya», a fait savoir le directeur de la santé et de la population de la wilaya de Souk Ahras, Abdelghani Freha. Il faut, par ailleurs, relever que tous les intervenants sur le sujet de la vaccination contre la pandémie de coronavirus n’omettent pas de mettre l’accent sur le relâchement constaté en matière de respect des mesures de prévention et réitérèrent leurs appels à l’obligation de se conformer aux gestes barrières, surtout que la vaccination n’a pas encore atteint le rythme souhaité pour de multiples raisons, dont la principale reste la disponibilité du vaccin.
A ce jour, l’Algérie a reçu un total de 300.000 doses de vaccins et attend son tour d’en recevoir d’autres dans un contexte mondial où la tension se fait de plus en plus forte sur la demande et où une course sans merci est menée notamment par les pays riches qui revendiquent des centaines de millions de doses de vaccins pour leurs populations. L’Algérie, rappelle-t-on, a réceptionné le 29 janvier dernier une quantité de 50.000 doses du vaccin russe Spoutnik V sur une commande de 500.000 doses. Trois jours plus tard, c’est une autre quantité de 50.000 doses du vaccin d’AstraZeneca qui a également été réceptionnée, avant de se faire livrer, le 24 février, un don de la Chine totalisant 200.000 doses de son vaccin Sinopharm. n