Après l’incertitude, la délivrance. Le lancement de la campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus (Covid-19) a eu lieu, hier matin, au niveau de la polyclinique de la Cité «El Mouz» à Blida, wilaya choisie à titre symbolique pour avoir été la première à avoir souffert de cette pandémie.

Le coup d’envoi de cette opération, après la réception la veille du premier lot du vaccin russe Spoutnik V, a été supervisé par le ministre de la Santé, de la population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, qui était visiblement soulagé après la forte pression d’être au rendez-vous de janvier pour le lancement de la campagne vaccinale qui concerne, en premier lieu, les personnels de la santé, les personnes âgées de plus de 65 ans, les malades chroniques et les corps constitués.
A cette occasion, il a tenu, d’emblée, à rassurer que la vaccination sera étendue «progressivement à toutes les wilayas sans exception», expliquant que Blida a été choisie comme première destination des doses de vaccin car c’est la wilaya qui a été «fortement touchée» par l’épidémie, ayant été le «premier foyer» du Covid-19, sans oublier qu’elle a été «soumise à un confinement total». C’est un geste hautement symbolique que d’avoir choisi Blida pour le lancement de la campagne de vaccination. Son directeur de la santé et de la population (DSP), Ahmed Djemaï, a été le premier responsable à avoir reçu l’antidote, tandis qu’Imène Slatnia (spécialiste en chirurgie bucco-dentaire), a été la première citoyenne à le recevoir. Une heure après avoir été vaccinée, elle a fait une déclaration à la presse dans laquelle elle a affirmé qu’elle se sentait bien et n’avoir ressenti aucun effet indésirable durant ce laps de temps, d’où son encouragement de la population à aller recevoir leur dose d’antidote. D’ailleurs, dans la polyclinique, les citoyens, notamment des personnes âgées ayant déclaré avoir des maladies chroniques, étaient présents en nombre en cette matinée du 30 janvier.
Appelant les citoyens à se faire vacciner, le Pr Benbouzid a tenu à souligner que «l’Algérie a pu avoir des doses de vaccin et être au rendez-vous, malgré la course mondiale et la forte pression exercée sur les grands laboratoires fabricants», après avoir rappelé que cette opération intervient en application des instructions du président de la République, qui avait annoncé le début de la campagne de vaccination le mois courant.
Le ministre de la Santé, qui était accompagné pour la circonstance du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, du ministre délégué chargé de la Réforme hospitalière, Smail Mesbah, et du porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du nouveau coronavirus, Djamel Fourar, a noté que «les hautes autorités du pays s’attèlent à l’acquisition de quantités suffisantes pour vacciner le plus grand nombre de la population», quelque 70%, soit un taux qui permettrait d’atteindre «l’immunité collective», non sans avoir mis en exergue le travail abattu par le Comité scientifique depuis son installation jusqu’au choix du vaccin. Dans ce sens, il a souligné que le choix s’est effectué selon des «critères précis en termes d’efficacité et de sécurité».
Une déclaration appuyée par le Dr Fourar, qui a affirmé, à son tour, que le choix de l’anti-Covid-19 a obéi à «des critères scientifiques». Il a réitéré que «Spoutnik V est un bon vaccin d’un point de vue efficacité et sécurité», donc sur les plans «immunité et effets secondaires». Il a ajouté que «les pays européens veulent l’utiliser et demander à l’Agence européenne du médicament de le valider».

Plateforme numérique pour le suivi des vaccinés
Le porte-parole du Comité scientifique a annoncé la mise en place d’une plateforme numérique pour le suivi des personnes vaccinées, de même qu’il a insisté que la vaccination est «le seul moyen qui nous reste pour lutter contre cette pandémie». Je rassure les citoyens que ce vaccin est sûr et efficace et qu’il permet de réduire les contaminations mais, surtout, de limiter le danger qui pèse sur les personnes qui développent les formes graves de la maladie», a-t-il indiqué.
Il a, par ailleurs, fait savoir que l’Algérie a reçu le premier lot constitué de 50.000 doses de Spoutnik V en attendant le reste pour totaliser les 500.000 doses prévues pour un montant de 150 milliards de centimes, rappelant que le pays a dégagé une enveloppe de pas moins de «2.000 milliards de centimes pour l’acquisition des vaccins». L’Algérie pourrait engager des financements plus importants si la situation l’exige, surtout que «la durée de l’immunité que procurent les vaccins n’est pas connue pour le moment», selon le Pr Benbouzid.

La deuxième dose trois semaines après la première
Pour sa part, le DSP de Blida, Ahmed Djemaï, a indiqué qu’«une dose du vaccin Spoutnik V permet de vacciner cinq personnes». Il a ajouté qu’après avoir reçu la première dose, les citoyens doivent retourner au centre vaccinal trois semaines plus tard pour recevoir la deuxième. Il a, également, indiqué à la presse que Blida compte 47 centres de vaccination et que l’opération sera généralisée au niveau de tous les centres, appelant, lui aussi, la population à ne pas hésiter à se vacciner, ayant été le premier à recevoir l’anti coronavirus devant les caméras.
Ainsi, après avoir reçu le tant attendu premier lot de vaccin anti-Covid-19, vendredi à l’aéroport militaire de Boufarik (Blida), l’Algérie s’apprête à recevoir un autre lot du vaccin d’AstraZeneca qui, lui, doit arriver aujourd’hui après-midi à l’aéroport international d’Alger. Un vaccin qualifié également d’«efficace et sûr» aussi bien par le ministre de la Santé que par le porte-parole du Comité scientifique, qui ont tous deux insisté sur «la nécessité de continuer à respecter les gestes barrières».
Pour rappel, l’Algérie a réservé pas moins de 8.000 centres de vaccination à travers le territoire national et procédé à la formation du personnel chargé de cette opération qui est appelée à durer toute l’année.