L’apparition du variant britannique de coronavirus en Algérie continue d’inquiéter, aussi bien sur le plan épidémiologique que sur celui de l’efficacité des vaccins utilisés actuellement.

Il a été parmi les principaux sujets sur lesquels s’est exprimé le ministre de la Santé, hier, lors de la visite à l’hôpital de Blida, et sur lesquels nombreuses étaient les questions de la presse.
L’appréhension de voir de nouveaux cas apparaitre et son éventuelle propagation à grande échelle, après les deux cas annoncés jeudi dernier et les cinq autres cas suspects mis sous observation, a soulevé la question de savoir si les vaccins administrés actuellement en Algérie (Spoutnik V, AstraZeneca-Oxford et Sinopharm) sont efficaces contre cette nouvelle souche. A ce propos, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, s’est voulu rassurant en affirmant que «tous les vaccins disponibles sont efficaces» mais bien sûr «à des degrés différents».
«Tous les vaccins contre la première souche de Covid-19 sont efficaces mais présentent des taux d’efficacité différents, c’est pour cela qu’on dit aussi qu’ils sont efficaces contre le variant britannique à des degrés différents», a-t-il expliqué. Cette réponse a suscité une autre question, à savoir si le vaccin AstraZeneca-Oxford que l’Algérie utilise aujourd’hui est également efficace, sachant que l’Afrique du Sud avait estimé qu’il ne l’est pas face au variant sud-africain. Là encore, le ministre a rassuré et affirmé que «le taux d’efficacité de cet antidote, même s’il est inférieur à d’autres, ne diminue en rien son efficacité à combattre le virus, que ce soit la souche originale ou le variant».
Le ministre a tenu à signaler que le variant britannique est observé dans de nombreux pays à travers le monde où pratiquement les mêmes vaccins sont inoculés, expliquant qu’«il est dans la nature d’un virus de muter» et insistant que «tous les vaccins combattent les virus même après mutation».
S’exprimant sur les deux personnes atteintes du variant britannique, le Pr Benbouzid a indiqué que l’une d’elle est rétablie et a quitté l’hôpital, tandis que la seconde est toujours sous observation. Il a, en revanche, souligné qu’il n’est pas exclu que le nombre de cas de ce variant puisse augmenter, saisissant cette occasion pour lancer un énième appel à plus de vigilance de la part des citoyens.

Situation épidémiologique stable, gare au relâchement !
La situation épidémiologique de l’Algérie se distingue par une certaine «stabilité», avec moins de 200 cas confirmés et moins de cinq décès par jour, mais une stabilité qui reste toutefois «relative» si le relâchement constaté et réprouvé par tous, aussi bien les professionnels de la santé que les citoyens soucieux de préserver leur santé, continue d’être «pratiqué» dans les lieux publics.
Dans ce registre, le Pr Benbouzid, tout en notant que la situation épidémiologique était stable, a relevé qu’il est «indispensable de continuer à s’astreindre au respect des différentes mesures de prévention et gestes barrières», mettant l’accent notamment sur le port du masque et la distanciation physique.
La stabilité de la situation épidémiologique permet, selon le premier responsable du secteur de la santé, «un bon déroulement de la campagne de vaccination», sans trop de pression, sachant les quantités de doses de vaccins reçues jusqu’à présent ne permettent pas encore une vaccination massive. A ce propos, le Pr Benbouzid a rappelé que la vaccination durera toute l’année et émis le souhait de voir le virus endigué bien avant. Un souhait ou un but qui ne peut être atteint, ne serait-ce qu’en partie, qu’en évitant le relâchement par rapport aux gestes barrières. L’insistance sur les mesures de prévention a, par ailleurs, figuré en bonne partie dans le communiqué relatif à la prorogation du confinement partiel dans 19 wilayas pour une durée de 15 jours, notamment dans la partie relative aux regroupements et rassemblements publics, qui restent des foyers par excellence de transmission du virus.
«La prorogation de la mesure d’interdiction, à travers le territoire national, de tout type de rassemblement de personnes et de regroupement familial, notamment la célébration de mariages et de circoncision et autres événements tels que les regroupements au niveau des cimetières. Les walis veilleront au respect de cette interdiction et de l’application des sanctions réglementaires à l’encontre des contrevenants ainsi que les propriétaires des lieux accueillant ces regroupements», peut-on lire dans le communiqué des services du Premier ministère rendu public avant-hier.
«Au moment où l’Algérie œuvre sans relâche à surmonter cette difficile épreuve et où elle a réussi à réduire considérablement la propagation de l’épidémie, nous devons tous continuer à agir de sorte à éviter de faire annihiler ces efforts et à sauvegarder ce qui a été réalisé à ce jour grâce, justement, à la discipline et aux sacrifices consentis par nos citoyens». Il s’agira d’«éviter, en toute responsabilité, les situations d’attroupement et de contacts physiques qui favorisent la propagation de cette épidémie et à continuer à observer scrupuleusement les mesures barrières préconisées, telles que la distanciation physique, le port du masque obligatoire et le lavage fréquent des mains».
C’est ainsi que le gouvernement a réitéré ses «appels de prudence» à l’adresse des citoyens notamment «devant le risque actuel de circulation de nouveaux variants du Covid-19 à travers le monde» et qui est désormais présent en Algérie. Après les professionnels de la santé qui ont appelé à une «prise de conscience individuelle et collective», c’est au tour du gouvernement d’appeler à une «responsabilité individuelle et collective de tous» pour, dit-il, «poursuivre avec autant de détermination la mobilisation et la discipline qui ont permis, jusque-là, d’aboutir à la stabilisation de la situation épidémiologique dans notre pays».
A travers ses appels, le gouvernement entend sensibiliser sur le fait de «faire éviter les rudes épreuves qu’ont endurées nos personnels médical et paramédical en particulier, et tous les Algériens en général dans les moments difficiles de rebond de l’épidémie, avec toutes les conséquences négatives sur le plan économique et social».