L’USM Alger a joué avec le feu pour finir par allumer le feu d’artifices du 8e sacre de son histoire en championnat. Pour
le «finish» de la saison 2018-2019, ses supporters sont passés par toutes les émotions. Ils ont même envisagé la désillusion avant le match contre le CS Constantine en déplacement. Heureusement, les camarades de Rabie Meftah ont accompli ce qui s’apparentait à une impossible mission : aller s’imposer (1/3) dans la ville des ponts pour s’adjuger le titre de champion.

L’appréhension était pesante. Le scénario catastrophe dans les têtes. Les «Rouge et Noir», auteurs d’une phase retour catastrophique sur le plan «résultats» pouvaient perdre le leadership, acquis depuis la 2e journée, lors de l’ultime étape. Seule une victoire chez les «Sanafirs» garantissait le couronnement. Les coéquipiers de Mohamed Benyahia ont fini par l’acquérir. Fort heureusement. Les Usmistes sont partis battre des Constantinois réputés pour être difficiles à manier chez eux (pas aussi imprenables que ça). Beaucoup a été dit autour de cette rencontre sachant que le team de l’antique Cirta n’avait plus perdu devant son public en Ligue 1 Mobilis depuis le 10 décembre 2016. A l’époque, le NA Hussein-Dey était parti s’imposer 2 buts à 1.

Passation de pouvoir
Toutefois, l’«Ittihad» a relevé le défi en parvenant à remporter le match qu’il fallait. Même si c’était loin des bases. Pas exceptionnel pour les
«Unionistes» qui ont récolté plus de points (21) que tout autre club algérien à l’extérieur devant la JS Kabylie (18) et le MC Alger (17). Pour cette finale face aux «Clubistes», les «Rouge et Noir» ont inscrit 3 buts sur les 18 qu’ils ont marqués en
«away» pour enregistrer la 5e victoire en voyage pour 6 matchs nuls et 4 défaites uniquement.
Comme un symbole, c’est chez le détenteur du Bouclier que les camarades de Abderraouf Benghit ont été consacrés. Une «passation» de pouvoir, entre le tenant et son successeur, qui a lieu sur la pelouse du stade Chahid Hamlaoui. Si «Ouled Sidi Rached» sont quasi-invincibles dans le challenge nationale dans leur antre, il faut souligner qu’ils y ont laissé filer beaucoup de points. Le «Chabab » n’est que la 7e équipe dans le classement «domicile» avec 28 unités de récoltés sur 45 éventuelles.

En clair-obscur
Le bilan global est quant à lui de 51 points au total pour la formation de la capitale. La plus faible moisson des quatre dernières éditions qui a vu l’USM Alger (58 points), l’ES Sétif (57 points) et le CS Constantine (57 points) être décorés en 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018 dans ce sens. Seule l’Entente sétifienne a pu triompher en ne cumulant que 48 unités en 2014-2015.
La récolte des Usmistes était faible mais suffisante. Elle est expliquée par une deuxième moitié de saison des plus inconstantes où l’équipe n’a pu vaincre que lors de 2 de ses 9 dernières sorties. Hakim Serrar, directeur général du club, sait très bien à quel point ce périple vers le sommet a été harassant : «Notre victoire est méritée et on est très content d’avoir atteint notre objectif de cette saison. Franchement, c’est le titre le plus difficile dans l’histoire de l’USMA vu la rude concurrence avec notre premier poursuivant la JS Kabylie mais cela a donné plus de saveur pour notre sacre. C’était aussi difficile parce qu’on a vécu beaucoup de problèmes durant la saison. Je félicite toute personne qui a contribué à ce titre et j’espère qu’il en appellera d’autres à l’avenir», a réagi le successeur de Rebouh Haddad.
Les Algérois ont plié mais n’ont pas rompu. Au final, au moment des comptes, c’est l’exercice qui est récompensé. Dans sa totalité. L’USM Alger a pu chiper un point de plus. Ce n’est peut-être pas un beau champion qui a survolé les débats mais c’est un champion quand-même. Et c’est ce que l’histoire retiendra.<