Synthèse Salim Benour
Le sort de cette unité de montage sera observé à l’aune de la prochaine visite du Premier ministre français, Jean Castex, et de la réunion de la grande commission mixte algéro-française.
L’usine d’assemblage des véhicules Renault de Oued Tlélat, près d’Oran, devrait reprendre temporairement ses activités après la décision du gouvernement de libérer la cargaison des kits CKD/SKD, bloqués depuis des mois au port d’Arzew. Selon le quotidien El Watan, qui a donné cette information, ces équipements permettront de remettre sur la chaîne de montage quelque 6 000 véhicules à partir du mois d’avril prochain. Dans quelle perspective ? L’avenir de cette usine, inaugurée en grande pompe en novembre 2014, demeure flou et il faudra attendre la tenue de la grande commission mixte algéro-française, ou Comité intergouvernemental de haut niveau franco-algérien (CIHN), pour espérer des indications sérieuses sur son sort.
Pour l’heure, selon El Watan, qui prévoit la réunion de ce haut comité en avril prochain, avant le mois de ramadhan, les kits CKD/SKD serviront à monter des véhicules déjà vendus et dont les propriétaires les attendent depuis longtemps déjà. Ces équipements ont été importés « hors quota » en 2020. Ils étaient bloqués à Arzew après que l’ex-ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, ait exigé le paiement des taxes et droits de dédouanement à la suite de la suppression du régime référentiel des importations. La relance de l’activité de l’usine, elle, demeure donc en suspens et servira sans doute, comme c’est le cas actuellement, de marqueur de la qualité du bilatéral algéro-française. Cela même si l’on considère que Renault agit en tant que constructeur qui décide en grande partie seul de ses investissements.
Le dédouanement des kits, selon le quotidien, « ne constitue nullement un retour au montage automobile, qui ne bénéficie plus d’avantages fiscaux, comme cela était le cas dans l’ancien cahier des charges ». La nouvelle réglementation, promulguée en août dernier, rappelle-t-on, est considérée comme restrictive de l’activité montage et assemblage. Elle exige un niveau minimum d’intégration de 30% au démarrage et de 50% au bout de cinq ans, et la fabrication de la carrosserie en Algérie, ce qui semble avoir un effet de découragement sur les opérateurs.
L’usine Renault de Oued Tlelat est à l’arrêt depuis le 17 janvier 2020, après la suspension des importations de kits SKD/CKD et la suppression du dispositif fiscal avantageux accordé aux usines de montage de voitures en Algérie. Le site a mis au chômage technique plus de 1 200 travailleurs, avant de mettre en place un plan social en raison de l’arrêt prolongé de son activité. Le médiateur du président de la République, Karim Younès, en visite à Oran, s’est rendu récemment sur place pour s’enquérir de la situation.