Le gouvernement a fini par dégager une échéance pour l’entame des chantiers de la réforme fiscale, annoncée par le ministre des Finances il y a quelques jours. Ceux-ci commenceront dès aujourd’hui à travers des assises dédiées, a fait savoir Aymen Benabderrahmane.
Autrement dit, entre l’annonce du projet de réforme et son entame sur le terrain, l’intervalle temporelle n’aura été que de très courte durée, signifiant peut-être que les grandes lignes du changement à opérer dans le système fiscal du pays sont toutes indiquées et qu’il ne faudra pas trop se creuser la cervelle pour aller les chercher ailleurs que là où elle se trouvent, et chez qui elles se trouvent.
En effet, l’Etat connaît suffisamment l’emplacement des monstrueuses sommes manquantes à chaque bilan périodique de la Direction générale des impôts. Et sur le seul registre de la fiscalité ordinaire, les services concernés par le recouvrement en la matière ne sauraient ignorer la provenance de l’argent qu’ils collectent, ou encore le manque d’équité dont ont toujours pâti ceux qui payent leurs impôts.
Les Algériens, chacun son rang professionnel ou social, n’ayant jamais été égaux face aux contraintes fiscales, la manne potentielle de finances à engranger par l’Etat n’a, de ce fait, jamais pu atteindre sa plénitude. Bien sûr, les mécanismes susceptibles d’insuffler une nouvelle dynamique au secteur n’ont jamais constitué une priorité pour les gouvernements qui se sont succédé aux commandes du pays, notamment lors du règne du Président déchu, acquis à la corruption dans ses différentes facettes et déclinaisons, dont la pratique de l’évasion fiscale qui a concouru à la mise à genoux du pays.
Une tendance qui a causé des dégâts plus qu’apparents à l’économie nationale et dont l’ampleur n’a d’égal que le manque à gagner dont souffrent les caisses de l’Etat en termes de politique fiscale.
La chute des prix du pétrole, engendrée par la pandémie de la Covid-19, a fait le reste en renvoyant l’image de cette situation de vulnérabilité aux pouvoirs publics. Du coup, la réforme fiscale est devenue une urgence qui ne saurait plus attendre. L’avenir, surtout immédiat, de l’économie nationale passe par une refonte de ce système à mettre en branle dans les plus brefs délais.