Donald Trump poursuit ses critiques à l’égard de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et fait monter le ton des hostilités d’un cran supplémentaire en menaçant de retirer carrément son pays de cette institution internationale.

Le président américain brandit sa menace alors que son administration fait face à des pressions, au sein de l’OMC, de la part de ses partenaires commerciaux, qui ont saisi l’organisation pour contester les nouveaux droits de douane imposés par Washington sur leurs importations. Reprochant à l’OMC de ne pas faire suffisamment de progrès de réformes, à l’avantage de son pays, Trump a déclaré, jeudi, à l’agence Bloomberg News, que les Etats-Unis quitteront l’organisation, qu’ils ont, faut-il le rappeler, contribué à mettre en place après la Seconde Guerre mondiale. «S’ils ne font pas de progrès, je me retirerai de l’OMC», a-t-il averti, avant d’aller jusqu’à qualifier l’accord portant création de l’organisation «du pire accord commercial jamais conclu». Pouvant constituer un frein à la guerre commerciale tous azimuts lancée par les Etats-Unis contre la Chine, l’Union européenne, le Mexique, le Canada et le Japon, l’institution de Bretton Woods a déjà essuyé les attaques d’un président américain, qui fait de la menace son arme privilégiée. Il s’en était, en effet, pris dans le passé aux organes de règlement des différends de l’OMC, les accusant d’être défavorables aux Etats-Unis. Il est revenu à la charge pour souligner que Washington avait «rarement gagné un recours» auprès de cette organisation, bien que les choses aient commencé à changer l’an dernier. «Au cours de l’année dernière, nous avons commencé à gagner beaucoup», a-t-il reconnu. « Vous savez pourquoi ? Parce qu’ils savaient que si nous ne gagnions pas, je me retirerais», a-t-il poursuivi. Un retrait des Etats-Unis de l’OMC mettrait en danger une des institutions fondamentales sur lesquelles repose le commerce mondial actuel. Interrogé sur l’offre de l’Union européenne d’abandonner les tarifs douaniers sur les importations automobiles américaines, le président américain a répondu que ce geste n’est pas suffisant. «Ce n’est pas suffisant», a-t-il estimé, faisant remarquer que «leurs consommateurs ont l’habitude d’acheter leurs voitures, pas d’acheter nos voitures». Trump n’a pas manqué l’occasion de l’interview accordée Bloomberg News pour comparer l’UE à la Chine, cible privilégiée de sa guerre commerciale depuis plusieurs semaines. «L’Union européenne est presque aussi terrible que la Chine, mais en plus petit», a-t-il lancé. La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, avait affirmé, jeudi à Bruxelles, que l’Union européenne est prête à inclure l’automobile dans un éventuel accord commercial avec les Etats-Unis afin de mettre un terme au conflit en cours avec Washington. «Nous sommes prêts à réduire à zéro nos droits de douane même sur les automobiles. Tous les droits de douane à zéro si les Etats-Unis font de même. Il faut que ce soit réciproque», a-t-elle expliqué devant une commission au Parlement européen.