Jeudi, l’UEFA avait assuré que seul le «mérite sportif» prévaudrait pour déterminer les clubs qualifiés en Ligue des champions et en Ligue Europa en cas d’arrêt prématuré des championnats. Mais cette notion, très large et pas suffisamment encadrée, laisse place à beaucoup (trop) d’éventualités. La preuve. L’UEFA s’est donnée bonne conscience. Mais en annonçant, ce jeudi, que le «mérite sportif» devait prévaloir pour désigner les qualifiés pour les compétitions européennes de la saison 2020-2021 en cas d’arrêt des championnats, elle a aussi jeté un vaste flou. Certes, l’instance a livré quelques critères permettant d’éviter d’énormes disparités. Pour elle, la procédure de sélection des clubs doit se baser sur des «principes objectifs, transparents et non discriminatoires», les associations et ligues nationales «devraient sinon avoir la possibilité de décider des places finales dans leurs compétitions nationales, compte tenu des circonstances spécifiques de chaque compétition» et le choix des qualifiés devra être confirmé par «les organes compétents au niveau national». L’UEFA s’est également gardée le droit d’intervenir si «les compétitions n’ont pas été interrompues pour les raisons énumérées par le communiqué», ou s’il y a «un sentiment public d’injustice après la qualification d’un club». Malgré cela, le champ des possibles semble encore trop large, laissant ainsi beaucoup de places à d’éventuelles interprétations et de possibles injustices. Illustration avec trois cas concrets.

Des qualifiés moins légitimes que d’autres
La notion de «mérite» prête énormément à débat. Et implique certaines questions. La Ligue de Football Professionnel française, par exemple, envisage un arrêt du championnat à la 27e journée de Ligue 1, la dernière ayant été disputée dans son intégralité. Problème, les instances décisionnaires des autres championnats européens pourraient évidemment opter pour des solutions bien différentes. La Bundesliga, elle, pense d’ores et déjà à une reprise et pourrait aller au bout de son exercice. La Serie A se dirige vers des solutions plus ou moins farfelues et impactant même l’équité. Dans un tel contexte, comment l’UEFA pourra-t-elle justifier que le «mérite sportif» du futur roi d’Allemagne, qui aura possiblement disputé l’intégralité d’un championnat, soit identique à celui d’une équipe dont le parcours s’est arrêté à la 27e journée ?

L’hypothèse d’une saison sans Coupe d’Europe
L’UEFA a donné la priorité aux championnats locaux. Elle n’avait de toute façon pas vraiment le choix, puisque l’ensemble des calendriers seront probablement surchargés. Mais si l’un des championnats majeurs ne peut aller à son terme, cela signifiera probablement que la suite des deux compétitions européennes ne pourra pas, non plus, être disputée. Là aussi, le «mérite sportif» serait impacté. L’Atlético Madrid, par exemple, avait éliminé le tenant Liverpool en huitième de finale et faisait donc toujours partie des prétendants au titre qui, rappelons-le, offre une qualification d’office pour l’édition suivante. Problème, au classement gelé du championnat espagnol, les Colchoneros sont seulement sixièmes, et donc hors des places qualificatives pour la C1. Le club madrilène peut légitimement estimer, comme beaucoup d’autres encore en lice (Naples, Lyon, etc…) que le «mérite sportif» d’une qualification via le titre européen est incomparable à celle, traditionnelle, d’un championnat.
Quand le «mérite sportif» n’est pas seulement comptable
Prenons un cas d’école : la Liga. A l’issue de la 27e journée, la dernière journée disputée, un point seulement sépare le FC Séville, troisième et donc virtuellement qualifié pour la Ligue des champions, de Getafe, installé à la cinquième place, qualificative pour la Ligue Europa. Au niveau comptable, la différence n’est pas énorme. Surtout, elle ne dit pas tout de la réalité sportive. Car au contraire du club andalou, Getafe a affronté deux fois le FC Barcelone, leader du championnat. Les Azulones pourraient donc légitimement avancer que leur «mérite» sportif» est supérieur à celui des Sévillans. Ce type de cas n’est évidemment pas isolé et se retrouve dans tous les championnats européens. n

’hypothèse d’une saison sans Coupe d’Europe
L’UEFA a donné la priorité aux championnats locaux. Elle n’avait de toute façon pas vraiment le choix, puisque l’ensemble des calendriers seront probablement surchargés. Mais si l’un des championnats majeurs ne peut aller à son terme, cela signifiera probablement que la suite des deux compétitions européennes ne pourra pas, non plus, être disputée. Là aussi, le «mérite sportif» serait impacté. L’Atlético Madrid, par exemple, avait éliminé le tenant Liverpool en huitième de finale et faisait donc toujours partie des prétendants au titre qui, rappelons-le, offre une qualification d’office pour l’édition suivante. Problème, au classement gelé du championnat espagnol, les Colchoneros sont seulement sixièmes, et donc hors des places qualificatives pour la C1. Le club madrilène peut légitimement estimer, comme beaucoup d’autres encore en lice (Naples, Lyon, etc…) que le «mérite sportif» d’une qualification via le titre européen est incomparable à celle, traditionnelle, d’un championnat.
Quand le «mérite sportif» n’est pas seulement comptable
Prenons un cas d’école : la Liga. A l’issue de la 27e journée, la dernière journée disputée, un point seulement sépare le FC Séville, troisième et donc virtuellement qualifié pour la Ligue des champions, de Getafe, installé à la cinquième place, qualificative pour la Ligue Europa. Au niveau comptable, la différence n’est pas énorme. Surtout, elle ne dit pas tout de la réalité sportive. Car au contraire du club andalou, Getafe a affronté deux fois le FC Barcelone, leader du championnat. Les Azulones pourraient donc légitimement avancer que leur «mérite» sportif» est supérieur à celui des Sévillans. Ce type de cas n’est évidemment pas isolé et se retrouve dans tous les championnats européens. n