La Route transaharienne (RTS), une infrastructure au centre d’enjeux économiques, sociaux, politiques et sécuritaires à l’échelle du continent africain, est en bonne voie, mais n’est pas encore achevée. Le rythme des travaux s’était accéléré, ces dernières années, du côté algérien, mais il est encore lent, côté malien, pour des raisons financières et autres. Néanmoins, ces problèmes sont en passe d’être résolus, notamment par un apport de financement européen. En effet, le Premier ministre malien, Boubou Cissé, a procédé, jeudi dernier, à la signature du protocole de financement partiel du projet d’aménagement de la route transaharienne – section Bourem – Kidal, longue de 285,83 km en présence de la responsable pays de la Banque africaine de développement (BAD), Louise Djoussou-Lorng et du responsable des infrastructures de la délégation de l’Union européenne, Lucas Ferroni. Aux termes de ce protocole, la Commission européenne, à travers la Banque africaine de développement, va attribuer un don d’un montant de 70 millions d’euros, soit environ 45 milliards de FCFA dans le cadre de ces travaux. Le coût global du projet est de 132,85 millions d’Euros. L’Etat malien apporte un financement propre de 15,30 millions d’Euros pour la prise en charge des coûts de sécurisation de la zone, les frais d’expropriation, de suivi de la mise en œuvre du «Plan de gestion environnementale et sociale et de fonctionnement de l’unité de gestion du projet». La section Bourem-Kidal de la branche malienne de la route transsaharienne est d’une grande importance. Elle est située sur les corridors transafricains Alger-Lagos et Dakar-Djibouti, identifiés comme prioritaires par le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), pour atteindre les objectifs du Nepad à l’horizon 2020. Sa réalisation permettra de désenclaver durablement la région de Kidal et contribuera efficacement au processus de pacification en cours dans les zones du nord du Mali. Elle va par ailleurs renforcer les échanges commerciaux entre la région de Kidal et les autres régions du Mali ainsi que les échanges entre le Mali et l’Algérie. Avec les pays africains, l’Algérie veut en fait des échanges commerciaux plus soutenus et équitables, dans une logique de développement durable, ne souhaitant pas considérer le continent noir comme un simple marché d’exportations ou comme un réservoir de matières premières, mais comme une opportunité de co-développement. Le pays semble en mesure d’engager des projets en Afrique et de donner du sens à la coopération dans des domaines aussi importants que l’agro-industrie, la pharmaceutique, la chimie, la mécanique, l’électrification, les infrastructures, la téléphonie, les mines ou encore le ciment. Pour le moment, des entreprises algériennes opèrent, sur une petite échelle, dans des pays d’Afrique mais nourrissent des ambitions. C’est par cette route, qui traverse plusieurs villes africaines, que passe la plus grande partie du trafic de transit en direction et en provenance de nombreux pays d’Afrique. Le tracé complet de la TRS traverse des régions encore sous-développées, sous-explorées, en dépit des potentialités existantes. D’importants investissements sont nécessaires pour les mettre en évidence et les développer au profit des populations locales. En prenant appui sur les importantes ressources, que ces régions recèlent, les parties prenantes de la RTS doivent conjuguer leurs efforts afin de permettre à ces régions de pouvoir mettre en avant un certain nombre de projets structurants nécessaires au développement.