L’Union européenne se prépare à interdire l’importation de pétrole russe, avec des dérogations possibles, alors que les ministres de l’Energie du bloc ont tenu, lundi, une réunion en urgence sur l’exigence de la Russie d’être payée en roubles pour ses livraisons de gaz.
A l’issue de cette réunion d’urgence, la commissaire européenne à l’Energie, Kadri Simson, a répété que le recours au système de paiement mis en place par la Russie pour convertir le règlement des importations de gaz russe en roubles représenterait une violation des sanctions imposées par l’Union européenne à Moscou.
La Commission européenne devrait proposer cette semaine un sixième train de sanctions contre la Russie qui pourrait inclure l’instauration d’un embargo sur les importations de pétrole russe. Cette mesure, qui a jusqu’à présent divisé les pays de l’UE, priverait Moscou d’une importante source de revenus. La Russie fournit 40% des importations de gaz de l’UE et 26% de ses importations de pétrole.
Pour préserver l’unité européenne, la Commission pourrait accorder à la Hongrie et à la Slovaquie une exemption ou une longue période de transition, alors que l’embargo devrait être introduit progressivement d’ici la fin de l’année, ont indiqué des diplomates.
La Hongrie et la Slovaquie sont toutes deux fortement dépendantes du pétrole brut russe. La Hongrie a déjà déclaré qu’elle s’opposerait aux sanctions énergétiques. L’opposition d’autres pays européens à l’embargo pétrolier semble s’estomper avant la réunion de mercredi au cours de laquelle les ambassadeurs discuteront des sanctions.
«Nous avons réussi à atteindre une situation où l’Allemagne est capable de supporter un embargo pétrolier», a déclaré lundi le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck. «Cela signifie que ce ne sera pas sans conséquences». La ministre autrichienne de la Protection du Climat, Leonore Gewessler, a déclaré que Vienne accepterait l’introduction des sanctions pétrolières si d’autres pays le faisaient.