Au lendemain de la tenue de la 12e session du conseil d’association algéro-européen, la Commission européenne publie un rapport sur l’état des relations entre les deux partenaires, dans le cadre de la Politique européenne de voisinage renouvelée Avril 2018–Août 2020.

Après avoir fait état des évolutions politiques en Algérie durant cette période de référence, la Commission européenne analyse les différents agrégats de la situation macroéconomique de son partenaire du Sud, soulignant que la pandémie de la Covid-19 a eu un double impact économique qui a plongé l’Algérie en récession en 2020 : d’un côté, en raison du ralentissement économique général à cause des mesures de confinement, d’un autre, en raison de la chute du prix des hydrocarbures, source de 40% des recettes fiscales. La faiblesse de la croissance en 2019 (0,8%), lit-on dans ledit rapport, souligne l’atonie économique observée en 2017 et 2018, alors que la récession observée durant le 1er trimestre de l’année actuelle (-3.9%) reflète la décroissance dans le secteur des hydrocarbures qui continue depuis mi-2017 (-4,9% en 2019) et la diminution du rythme de croissance hors hydrocarbures (-2,4% en 2019). La Commission européenne fait constater que «la croissance économique reste insuffisante pour permettre une réduction du chômage et des gains substantiels de revenu par habitant». «L’économie algérienne s’est aussi caractérisée par la persistance d’un important double déficit budgétaire et courant», souligne le même rapport qui soutient que ces déficits sont couverts par les placements extérieurs qui équivaudraient désormais à 12,9 mois d’importation seulement. Au plan du commerce extérieur, pomme de discorde entre l’Algérie et l’Union européenne, le rapport souligne que même si l’UE reste le premier partenaire commercial (47% des échanges durant en 2019) de l’Algérie, en valeur et par rapport à d’autres partenaires, les exportations européennes sont en régression depuis 2015. «L’UE est affectée par les mesures restrictives aux échanges introduites par le gouvernement algérien en contravention avec l’Accord d’association. Depuis 2015, l’Algérie a introduit une série de mesures protectionnistes, invoquant la détérioration de la balance de paiements à cause de la chute du prix du pétrole», lit-on dans le rapport. Celui-ci précise que l’impact combiné de ces mesures, «qui sont sans précédent dans la région», sur des opérateurs européens «a été très négatif».
L’UE projette le partenariat dans l’avenir
«Au cours de la période 2015-2019, l’exportation par les EU27 des produits affectés par ces mesures restrictives a chuté de plus de 50%, de EUR 2,722 milliard en 2015 à EUR 1, 348 milliard en 2019», soutient la Commission européenne. Lors du dernier Conseil d’association UE-Algérie de mai 2018, les deux parties se sont engagées à essayer de trouver un accord sur leurs différends commerciaux avant fin 2018 et un groupe de travail conjoint et spécifique, composé des hauts fonctionnaires, a été établi à cette fin, fait remarquer la CE. Toutefois, «aucun progrès n’a été enregistré, et de nouvelles entraves au commerce ont été mises en place depuis la tenue du Conseil d’association», regrette la partie européenne. D’importants progrès ont été accomplis, néanmoins, dans divers domaines économiques et politiques, souligne la Commission européenne dans son rapport. «Au cours de la période couverte par ce rapport, l’UE et l’Algérie ont travaillé pour la mise en œuvre des Priorités de partenariat agréées de manière conjointe. Sans être exhaustives, des actions concrètes et des avancées ont pu être constatées dans des domaines tels que la recherche et l’innovation, l’enseignement supérieur, la sécurité régionale et la lutte antiterroriste, l’environnement, la protection civile, l’énergie et le soutien à la diversification de l’économie», lit-on dans le document. Il précise que le rythme de cette coopération a été «plus intense» dans la première partie de la période couverte par ce rapport ; ensuite, «il a subi la cadence des évolutions politiques et, finalement, l’impact de la pandémie de la Covid-19». Se projetant dans l’avenir, la CE estime que la lutte contre l’impact sanitaire, social et économique de la pandémie de la Covid-19 «restera l’une des priorités à l’avenir». «Au cœur du redressement économique suite à la pandémie, les parties devront renforcer davantage leur coopération dans les domaines du changement climatique, de la protection de l’environnement et de la digitalisation des sociétés, y compris à travers les échanges académiques et coopération pour la recherche». L’UE dit rester «disposée à appuyer les réformes annoncées par l’Algérie, notamment en matière de gouvernance, de diversification de l’économie et d’amélioration du climat des affaires et des investissements». De même, «il sera nécessaire de garantir que les échanges commerciaux se déroulent dans un cadre respectueux des règles agréées de manière conjointe. Finalement, la stabilité régionale et la coopération en matière de migration et de mobilité continueront d’occuper une place importante dans l’agenda du partenariat», mentionne la CE dans son rapport. <