La production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a été lourdement impactée par les attaques perpétrées contre les installations saoudiennes, premier pays exportateur mondial de brut et chef de file de l’organisation. Durant le mois de septembre dernier, les 14 pays membres de l’Opep ont pompé 28,9 millions de barils par jour (bpj), soit le plus faible rendement mensuel depuis 2011, quand la guerre civile en Libye avait entraîné un très fort recul de la production de ce pays, dans une période où il jouissait d’un rôle décisif au sein de l’organisation pétrolière.
Ces chiffres sont fournis par une étude réalisée par Reuters, qui précise qu’à elle seule l’Arabie saoudite a produit 9,05 millions de barils par jour durant le mois dernier soit
700 000 bpj de moins. Un recul qui aurait été encore plus fort si la compagnie ciblée par les attaques du 14 septembre, en l’occurrence Aramco, n’avait pas puisé dans ses réserves pour alimenter le marché.
Les bombardements des installations saoudiennes ont réduit la production de ce géant pétrolier mondial de 5,7 millions de bpj, ce qui avait provoqué une flambée des cours à hauteur de 20%, avant que le marché ne se tasse et renoue avec ses prix d’avant les attaques contre les deux sites d’Aramco, qui ont redémarré rapidement leur activité.
Pour rappel, sur les 14 membres de l’Opep, 11 sont liés par l’accord de réduction de la production conclu avec d’autre pays non membres du cartel, dont la Russie. Lequel accord porte sur des coupes de 1,2 million de bpj dont 800 000 barils pour l’Opep et
400 000 barils pour ses partenaires.
Ces 11 membres ont respecté leurs obligations à hauteur de 218% en septembre, contre 131% en août, selon l’étude de Reuters.
Après la chute de septembre, «l’on peut s’attendre à une production plus élevée en octobre, étant donné que l’Arabie saoudite a rétabli sa production», estime Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank, alors que d’autres analystes ne dissimulent pas leur pessimisme sur l’avenir des cours de l’or noir, justifiant leur attitude par «les craintes par rapport à la demande, créées par la fragilité du secteur manufacturier mondial, qui ont repris le dessus» après que se soient dissipées les craintes qui planaient sur l’offre dans un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient. Ce pessimisme a, en tous les cas, toutes les raisons d’être au vu de l’évolution d’un marché plutôt hésitant, rythmé par des cours qui le renvoient au début du mois de septembre.
Dans cette logique, hier, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, dont c’était le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, valait 60,02 dollars à Londres durant la matinée, en hausse de 1,30% par rapport à la clôture de lundi, alors qu’à New York, le baril américain de WTI pour livraison en novembre s’échangeait à 54,78 dollars, 1,31% de plus que la veille. <