La sélection algérienne féminine de football des moins de 17 ans (U-17) s’est lourdement inclinée face à son homologue camerounaise sur le score de 4 à 0, vendredi soir au stade Omar Hamadi (Bologhine) en match aller du second tour des éliminatoires de la Coupe du monde 2018.

Ce résultat ne constitue nullement une surprise quand on sait que l’intérêt pour la discipline chez les dames est minime. Plusieurs raisons ont donné lieu à cette situation. On notera l’absence d’engouement chez les filles pour ce sport mais aussi les positions des parents qui rendent le foot féminin mal-perçu.
Quant à celles qui se sont engagées par passion et amour pour ce jeu collectif, elles sont confrontées à un manque remarquable d’aides aussi bien sur les plans matériel que financier. A cela s’ajoute, le manque de médiatisation pour pousser les parents à encourager leurs filles à s’y engager.
Sur les terrains, la situation est pire, puisque les filles, toutes catégories confondues, ne trouvent pas où s’entraîner et accusent par conséquent un manque dans le temps d’entraînements et de préparation. De plus, il y a le problème de la scolarité qui se pose d’une manière cruciale.
Il faut savoir que les décisions de l’ancien président de la FAF, Mohamed Raouraoua de « dissoudre » toutes les sections jeunes dès leurs éliminations dans des joutes régionales, continentales ou mondiales jusqu’à une nouvelle saison, a été pour beaucoup dans la déperdition des talents. Pire encore, ces décisions ont découragé aussi bien les jeunes filles que leurs parents.

De nouveaux projets  pour le football féminin
Par contre, depuis le mois d’avril dernier, l’actuel président de la FAF, Kheireddine Zetchi, et son bureau fédéral ainsi que la direction technique nationale (DTN) ont préparé un projet ambitieux pour développer le football féminin en y mettant des moyens.
En effet, lors de la réunion du Bureau fédéral de la FAF tenue le 30 avril dernier au Centre technique national de la FAF, la commission du football féminin a présenté un projet à long terme (2017 – 2020) élaboré par la Commission du football féminin en collaboration avec la DTN. Ce projet consiste notamment en la création d’écoles de football féminin, la révision et le renforcement des championnats nationaux des différentes catégories.
Par ailleurs, la Commission du football féminin a donné certains chiffres sur la pratique du football féminin en Algérie avec 50 clubs, 162 encadreurs dont 80 femmes, 1804 licenciées, 665 licenciées seniors, 1094 licenciées U17 et U20 et 45 licenciées U14.
Par la suite, au mois d’octobre dernier, une journée d’information sur le lancement des écoles féminines de football a eu lieu au Centre technique national de Sidi-Moussa. Cet événement, initié par la Commission du football féminin de la Fédération algérienne de football, présidé par Mme Radia Fertoul, a vu la participation de MM. Rabah Saâdane, Directeur technique national, Azzedine Chih, Chef du département du football féminin à la DTN, Ameur Chafik, Directeur technique national adjoint chargé de la formation, Abdelkrim Benaouda, Directeur technique national adjoint chargé du Développement et de l’élite, Djamel Kashi, président de la Ligue du football féminin, ainsi que celle de Dr Ali Yekdah, président de la commission médicale de la FAF, des présidents des clubs féminins affiliés à la FAF, des secrétaires généraux des Ligues régionales d’Alger, d’Oran, de Constantine et de Batna, qui gèrent les championnats régionaux du football féminin, et des staffs des différentes sélections nationales.

Formulaire de doléances
Au cours de cette journée, des exposés ont été présentés sur différents thèmes liés au football féminin. Un débat a été ouvert avec l’assistance au cours duquel plusieurs points ont été évoqués : organisation et infrastructures, promotion et communication, pôles de développement, écoles féminines de football, formation des entraîneurs, financement du football féminin, réglementation, championnats du football féminin, développement des compétitions, élite sportive, volet médical… Le débat a été riche et fructueux et a permis de faire un constat serein de la situation du football féminin et de formuler des propositions à tous les niveaux.
Il est à noter que des formulaires «Constat club» ont été distribués aux présidents de club afin de recenser les problèmes qu’ils vivent et récolter leurs propositions. Une fois remplis, ils devront être renvoyés au département de développement du football féminin afin que leur contenu soit analysé et que des mesures soient prises en conséquence.

On prône désormais  la continuité
Radia Fertoul, membre du Bureau fédéral et présidente de la Commission nationale du football féminin, a déclaré récemment que «l’équipe nationale ne sera pas condamnée à disparaître car il faudra continuer à travailler pour la faire évoluer». Elle a annoncé que, «pour pallier au manque de temps d’entraînement dont souffrent les jeunes footballeuses à cause de leur scolarité, du manque de terrains et de la priorité généralement donnée aux garçons, les joueuses internationales des jeunes catégories seront désormais intégrées au lycée sportif de Draria et à l’INFS de Constantine où, parallèlement à leur cursus scolaire, elles s’entraîneront tous les jours suivant un programme mis sur pied par le département technique de la FAF, en attendant l’ouverture prochaine de deux centres similaires, l’un à l’ouest du pays et l’autre en Kabylie».
L’approche actuelle des responsables du football féminin est d’intégrer régulièrement des joueuses d’une catégorie inférieure à celle des «A» afin de booster les joueuses et les encourager.
C’est ainsi que lors du dernier match des séniors perdu (5-1) contre le «mondialiste» le Ghana, la sélection algérienne avait en son sein des joueuses U17. Parmi lesquels celles qui viennent de perdre ce match de vendredi dernier contre le Cameroun une sélection «mondialiste».
D’ailleurs, au mois de mai dernier, et dans le cadre de la mise sur pied des équipes nationales féminines U20 et U17, trois plateaux régionaux ont été programmés au CTN (Biskra, Constantine et Alger). Ces plateaux ont été encadrés par les entraîneurs nationaux et pilotés par la Commission du football féminin, la Direction technique nationale et le département de développement du football féminin. Après ces plateaux, une ossature a été dégagée pour chacune des deux catégories (U17 et U20). Dont celle qui a joué son premier match découvrant ainsi d’une part la compétition et d’autre part, l’ambiance d’une Coupe d’Afrique.

La découverte du niveau international
Chih, l’ex-coach des U20 et Chef du Département du football féminin à la DTN, verse dans le même sens en déclarant que «C’est une occasion pour nous de voir ce qui se passe au niveau international, notamment pour ces filles qui n’ont jamais eu l’occasion auparavant de jouer un match international. C’est aussi une opportunité pour elles de découvrir le football africain, de se frotter à des joueuses plus fortes.». Il faut reconnaitre que les Camerounaises ont l’habitude de jouer à ce niveau et elles sont libérées sur le plan mental, alors que c’est une première pour nos filles. Bien que la sélection algérienne des U17 a eu tous les moyens à sa disposition, durant l’été dernier lors de la préparation, mais beaucoup de travail reste à faire.
Il faut aussi mettre en place de la sélection U15 ainsi qu’une rotation qui sera effectuée avec les staffs techniques de chaque catégorie. Ce qui veut dire que les U15 seront suivis par leurs sélectionneurs en changeant de catégories jusqu’aux séniors. Et à ce moment-là, le staff des séniors retrouvera les U15 pour effectuer le même cursus et ainsi de suite, a bien expliqué Chih, lors de la dernière conférence de presse de jeudi dernier au CTN de Sidi Moussa. n