Ceux qui pensaient encore que l’Algérie avait une place dans le concert des nations «prépondérante» ont dû déchanter avant-hier. Cette fois, le désaveu n’émane pas de critiques émises par des experts (souvent en quête de postes) ou de représentants d’une opposition (amorphe et si distante des citoyens). La «vérité» est sortie de la bouche d’un officiel, en l’occurrence Mohamed-Cherif Belmihoub, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Prospective. C’était lors de son intervention, mardi dernier, au forum du quotidien «Echaab».
Un des nombreux sujets qu’il avait abordés ce jour-là, de par l’approche qu’il en a fait, ne pouvait pas passer inaperçu. «L’Algérie n’est pas un pays pétrolier (…) on nous a menti. L’Algérie est un nain pétrolier» avait-il déclaré tout en rappelant que «notre pays est le 13e pays producteur de l’Opep». Une mise à nu de tous les discours, officiels et officieux, d’antan et d’aujourd’hui, ceux qui se lamentaient sur la «malédiction» de l’Or noir. Le ministre délégué vient ainsi décrire l’attitude justificative par un mot (même s’il ne l’a pas dit ouvertement) : balivernes. Ce n’est pas ni les premières ni évidement les dernières.
La sortie de Mohamed-Cherif Belmihoub incite particulièrement à se poser une question primordiale : si l’Algérie n’est pas un pays pétrolier, alors elle est quoi exactement ?
Agricole ! Les exemples sont nombreux pour donner facilement la réponse : FAUX. Il suffit de mentionner que l’Algérie est dans le top 5 des importateurs de blé dans le monde.
Pays industriel ! Encore une fois FAUX. Les chiffres sont là. L’industrie ne représente que 4,5% du PIB.
Et on peut s’étaler davantage sur les questions qui s’imposent pour essayer de voir plus clair dans cet avenir si flou qui nous est proposé.
Ne pas savoir quel est le «profil» du pays, ou tout au moins, vers quel profil on veut aller, c’est rester au stade des tâtonnements, quelle que soit le titre donné aux «actions» sectorielles. Une vue globale avec une direction choisie, et assumée, ne peuvent qu’être des priorités, et pas seulement des gouvernants. Nous sommes tous concernés.


(*) : Lost, mot en anglais, traduction de «Perdue»