Le chanteur constantinois Abbas Righi a été honoré, lundi soir, par l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (Onda) pour l’ensemble d’une carrière exemplaire à travers laquelle il s’est imposé comme le maître incontesté du malouf.

Cette distinction a eu lieu au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) lors d’une soirée à forte affluence du public, en présence de la ministre de la Culture Meriem Merdaci et du directeur général de l’Onda Sami Bencheikh.
La première partie de cette soirée a été animée par les 23 musiciens de l’ensemble « Abbès Righi » qui, sous la direction du chef d’orchestre Hacen Ramki ont rendu un bel hommage à leur maître, en comptant sur la complicité d’un public mélomane qui n’a pas tari d’applaudissements et de youyous en guise de reconnaissance à l’œuvre de l’interprète constantinois.
Ce dernier sera encore une fois au rendez-vous de ses fans en livrant un récital à la dimension de son talent et empruntant une courbe ascendante qui servira à réguler l’ambiance de la grande salle et à la faire monter crescendo. Les qacidate se sont ainsi enchaînées l’une après l’autre dans le respect du répertoire malouf, donnant à apprécier successivement « Ya sahiba El Ouyoun », « Nahr El Hawa Gdet fi Galbi », « Wahd Leghzel rite el youm », « Ana l’Mdelal », avant d’enchaîner le m’dih avec « Allah ou ma sali aâla Nabina » et « Belah ya bni lwerchane » qui mettront le feu à la salle. Et lorsque le tour est venu au programme folklorique des Aïssaoua, le public s’est laissé emporter jusqu’à se livrer à un exercice de « jdib » impressionnant.
La fin de la belle soirée au TNA a vu le directeur de l’Onda remettre le prix du mérite au maître du malouf en reconnaissance à sa carrière exemplaire et son apport à la sauvegarde du style de musique faisant partie intégrante de la culture algérienne.
Ayant fait ses débuts à l’âge de 14 ans, au sein de la zaouia Rahmania, où il recueillait les textes de qacidate auprès de cheikh Larbi Bouchalta, Abbas Righi, s’est toujours intéressé à la musique savante de Constantine. L’homogénéité de son ensemble ainsi que la qualité de ses présentations lui ont valu l’obtention de deux prestigieux prix au Festival national de malouf dans ses éditions 2008 et 2009. En pleine phase d’ascension de sa carrière, il avait rejoint l’ensemble régional de Constantine, en 2007, puis l’ensemble national de la musique andalouse, en 2008, avec lequel il participa aux Semaines culturelles algériennes en Iran et en Syrie et à des tournées en Algérie et en France.<