A la veille de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a organisé, hier, une rencontre destinée à la mise en place d’une instance en faveur de l’égalité.

A cette occasion, Mohcine Belabbès, président du RCD, a expliqué que cette instance aura pour mission «d’œuvrer à organiser les luttes pour impulser des combats en faveur de l’égalité en droit et pour la fin des discriminations sexistes». «Dans cette longue lutte, le chômage massif des femmes, la pauvreté et la précarité alimentent la fragilité de cette frange de la société et la reproduction d’un modèle de famille qui opprime la femme», a estimé le premier responsable du parti qui regrette « le tabou» qui entoure la question des violences faites aux femmes. «Nous savons tous que cette question est douloureuse pour de nombreuses femmes, elle est même érigée en tabou dans notre société par un ordre patriarcal reconduit par les forces du conservatisme qui alimentent un système aussi bigote que régressif».
Dans le même ordre d’idées, Belabbès fait remarquer devant plus de 600 congressistes que les victimes subissent «d’autres violences», en l’occurrence la pression de l’entourage, la honte et le regard des autres membres de la société. « Bien qu’une loi ait été votée pour punir les auteurs des crimes, les femmes victimes dans la majorité des cas ne saisissent pas la justice », note-t-il, avant d’indiquer que « si une loi est une avancée, elle ne peut suffire pour combattre un tel fléau si on n’intervient pas en amont sur l’environnement».
Face à la situation précaire des femmes, le RCD appelle à leur mobilisation tout en exigeant l’égalité politique et dans le monde du travail. «Nous devons agir dans le sens de la conquête de l’égalité dans la vie politique, au cœur du monde du travail dans le secteur de l’Etat et dans le secteur privé», a soutenu Mohcine Belabbès, avant de noter que « c’est la condition pour faire avancer l’égalité dans la société et la vie sociale en particulier ».
Aussi, et tout en estimant que le combat pour l’égalité en droits et la fin de la discrimination «est éminemment politique», Belabbès explique que ce combat doit viser un «rééquilibrage dans la redistribution de la richesse nationale produite et dans les rôles des acteurs sociaux ». Dans la foulée, le conférencier, fortement ovationné par les congressistes, a appelé les femmes à se mobiliser pour faire aboutir cette égalité : « La remobilisation des femmes dans le combat politique est une condition pour le changement. Leur implication a de tout temps été décisive. Leur résistance durant les années de terreur terroriste avait permis de relancer l’espoir et de hâter la victoire».
Dans le même ordre d’idées, Belabbès estime qu’«il est prouvé et admis depuis longtemps qu’une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les centres de décision et dans la conduite des regroupements humains est une condition nécessaire à une démocratie responsable et efficace». Aussi et tout en faisant observer qu’« il n’y a pas de société développée, prospère qui pérennise son rang construite sur la discrimination entre les hommes et les femmes », le président du parti a considéré que «la citoyenneté et la garantie de l’application des mêmes lois pour tous libèrent les énergies et le génie des populations ».
Et tout en évoquant la situation délétère du pays à tout point de vue, le premier responsable du RCD a sollicité les femmes à s’impliquer pour trouver des solutions à la crise. «Vous avez les moyens de faire bouger les choses, nous avons les moyens de faire évoluer la situation. Chacune d’entre vous peut participer à son niveau d’abord, en partageant nos idées, nos luttes et nos victoires et ensuite, en vous rendant plus audibles et plus visibles », déclare-t-il. Avant de préciser que « ce n’est pas parce que ceux qui s’opposent à l’émancipation des femmes se font plus bruyants et plus visibles qu’ils sont automatiquement plus nombreux. Non, ils profitent de la démission de l’Etat et des élites ainsi que des moyens des forces obscurantistes qui défendent d’abord leurs positions économiques ».n