Par Sihem Bounabi
Dans un contexte social en pleine ébullition, les retraités risquent de bientôt rejoindre le front de la contestation, notamment en organisant des sit-in et des rassemblements pour dénoncer «les conditions sociales, économiques et financières actuelles, devenues insupportables et inacceptables, imposées à tous les démunis et, plus particulièrement, aux retraités», souligne l’Organisation syndicale des retraités algériens (Osra), dans un communiqué parvenu à la Rédaction.
En effet, suite au conseil national de l’Organisation des retraités, le 28 novembre dernier, ses membres ont décidé à l’unanimité, en ce qui concerne le non-paiement de la réévaluation des pensions de retraite prévue par la loi, de la nécessité d’œuvrer par tous les moyens légaux, y compris les rassemblements, les sit-in, les marches et les pétitions, en tant que syndicat, pour permettre le versement en urgence des revalorisations des pensions de retraite pour l’année en cours et ce, à compter du 1er mai 2021.
Quant à la revendication de l’abrogation de l’IRG pour les retraités, dont la pension ne dépasse pas 120 000 DA, le conseil national propose de continuer d’approfondir le débat et l’échange sur la question de la suppression de l’IRG pour adopter une position unique et homogène, évitant par-là la dispersion et les procès d’intention. Dans le même sillage, en ce qui concerne le pouvoir d’achat du retraité et la façon de l’augmenter, le conseil national demande aux représentants de l’Osra, résidant dans les 37 wilayas, et les retraités en général, d’aller vers les adhérents de l’organisation afin de tenir leur conseil de wilaya et définir, d’ici le prochain conseil national, un plan stratégique de la meilleure forme de lutte et d’action pour que se matérialise dans les faits l’augmentation conséquente des pensions des retraités pour accompagner la baisse du pouvoir d’achat, l’inflation et la dépréciation du dinar. Il est, également, souligné dans le communiqué d’Osra, «l’écho positif réservé par les citoyens à ce nouveau-né, à travers tout le territoire national, avec une présence dans 37 wilayas et plus de 5 000 adhérents, après seulement deux mois d’existence et d’activité».
Par ailleurs, suite à la réponse négative du ministère du Travail au dossier administratif pour l’obtention du récépissé d’enregistrement, et après avoir relevé l’anti-constitutionnalité du refus invoqué dans sa correspondance du 26 octobre 2021, basée sur la loi 90-14 et son article 02, considéré par le conseil national comme étant une loi caduque et obsolète, le conseil national a décidé de mandater le bureau national à l’effet de trouver la méthode la plus appropriée et la plus adéquate légale pour répondre aux responsables du ministère du Travail et les obliger à corriger constitutionnellement certaines lois et notamment la loi 90-14 et son article 02. L’Osra tire également la sonnette d’alarme en interpellant les responsables à tous les niveaux pour que «cessent la marginalisation, l’ingratitude, l’appauvrissement des retraités, en Algérie, de réélaborer les lois désuètes totalement en contradiction avec la nouvelle Constitution, de répondre à toutes les revendications des retraités qui, pour la première fois depuis l’Indépendance, viennent de créer leur propre syndicat en application des lois constitutionnelles (art. 48, art. 54, art. 70)».