Comme notre football, le championnat d’Algérie élite donne les prémices d’une dangereuse faillite. Pour preuve, alors que la saison 2019-2020 a débuté jeudi dernier, le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Abdelkrim Medouar, a révélé que «le début de l’exercice sportif 2019/2020 se fera sans sponsor officiel, c’est la nouveauté négative de cette nouvelle saison.» Alarmant.

Pour une mauvaise nouvelle, c’en est une! Très mauvaise même parce que c’est une source de revenus en moins pour une balle ronde qui glisse, de plus en plus, dans les méandres de la banqueroute et la faillite économico-sportive. Mobilis était, depuis 2014, sponsor premium des compétitions domestiques avec les deux paliers professionnels jusqu’en 2017.
Le bail, renouvelé pour deux années, liait la structure footballistique à l’opérateur national de la téléphonie mobile avec, à la clé, 220 millions de dinars (22 milliards de centimes) par an que se partageaient les 32 teams des deux divisions supérieures. Une importante manne qui permettait de faire vivre les acteurs de la discipline. Elle recouvrait une partie des dépenses très conséquentes. Notamment les salaires faramineux que perçoivent les joueurs. Pour cet exercice, ce chèque de recouvrement ne sera pas signé. Du moins, pas pour l’instant puisqu’Abdelkrim Medouar a révélé que «nous avons eu de nombreuses correspondances avec l’ancien sponsor officiel, Mobilis. Mais le sponsor n’a pas procédé comme cela est de coutume entre deux administrations lorsque le contrat expire.» En d’autres termes : la ligne est coupée. La LFP pourrait faire un appel d’offres pour le contrat d’appellation de son championnat dans les jours à venir.
ENTV : signal brouillé
Par ailleurs, un autre problème se pose. Celui du diffuseur des matches et des droits TV. L’ENTV n’a retransmis aucun match de la première journée de la compétition nationale lancée jeudi dernier. La collaboration ne s’est pas déroulée sans averses lors de l’opus 2018-2019 où la relation entre les deux parties s’est considérablement détériorée. Et pour cause, Medouar s’était plaint de l’arrivée tardive de 96 milliards de centimes représentant les frais généraux de retransmission que l’entreprise nationale de l’audiovisuel devait verser à son institution. Surtout que les différents présidents de clubs ont insisté pour avoir leur part qui a mis du temps à atterrir dans leurs comptes.
En effet, l’ENTV était fâchée contre le comité chargé de gérer le championnat avec ses deux niveaux. Le piratage des images par d’autres chaînes privées et le bafouillage de l’exclusivité ont poussé les responsables de la télévision à contester en bloquant la transaction. Pour cette séquence 2019-2020, l’ENTV a décidé de changer de politique.
Elle souhaiterait négocier une retransmission à la carte au lieu de se voir refourguer un quota de matches défini par la LFP. Sachant que les huis clos sont légion à chaque journée, cette approche reste compréhensible. L’évolution de la situation est donc à suivre attentivement car le futur de la discipline peu en dépendre grandement.