L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, dont la Russie, veulent élargir leur coopération dans le cadre de l’Opep+ à d’autres pays gros producteurs.

Dans cette perspective, l’Opep a transmis une invitation à 10 Etats pour prendre part à la réunion exceptionnelle, par visioconférence, qui se tiendra demain dans l’objectif, faut-il le rappeler, de stabiliser un marché fortement en chute libre sous l’effet du coronavirus, rapportait hier l’agence russe TASS, citant les Etats-Unis, le Canada, le Royaume Uni, la Norvège, le Brésil, l’Argentine, la Colombie, l’Egypte, l’Indonésie ainsi que Trinidad et Tobago. Citant des sources, un document du secrétariat de l’Opep, TASS souligne seuls les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni n’ont pas encore accepté l’invitation.
Cette invitation semble répondre au souhait de la Russie qui, il y a quelques jours, avait fait un premier pas vers la réanimation de l’Opep+ en annonçant qu’elle était prête à reprendre la coopération avec le cartel si ce cadre de concertation était élargie à d’autres producteurs.
Une démarche qui a toute sa raison d’être en cette période de crise pétrolière aiguë qui embarque tous les producteurs de la planète dans le même navire vers des parties inédites, dont ceux invités par l’Opep. Ils sont d’ailleurs plusieurs groupes issus de ces 10 pays à avoir annoncé la révision à la baisse de leurs programmes d’exploration-exploitation, expliquant que les prix très bas qui caractérisent actuellement le marché rendaient difficiles, parfois, impossibles leurs plans de développement.
Pour rappel, l’objectif de la réunion de ce jeudi consiste en une réduction de la production à hauteur de 10 millions de barils par jour (mbj), un volume colossal destiné à enrayer la chute des cours.
Un accord très proche a été annoncé dans ce sens, lundi, par la Russie, et l’invitation à l’adresse d’autre pays a permis, hier, aux prix d’effectuer une remontée au lendemain d’une ouverture hebdomadaire marquée par un recul par rapport aux très forts gains comptabilisés en fin de semaine dernière.
Sur fond d’un regain d’optimisme chez les investisseurs, le baril Le Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 33,78 dollars à Londres à la mi-journée, en hausse de 2,21% par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI pour mai gagnait 3,57%, à 27,01 dollars.
«Les prix du pétrole sont de nouveau en hausse mardi, aidés par l’optimisme qui plane autour d’une réunion OPEP+++» jeudi, a estimé Craig Erlam, de Oanda.
De son côté, Al Stanton, de RBC, a rapporté que «les principaux producteurs de pétrole, dont l’Arabie saoudite et la Russie, sont disposés à accepter de réduire leur production jeudi, mais seulement si les Etats-Unis se joignent à l’effort». Les volumes évoqués «varient entre 6 et 15 millions de barils par jour», a noté Tamas Varga, de PVM, cependant «le nombre de 10 millions de barils par jour est celui qui ressort le plus».
Les Etats-Unis poussent en faveur d’un accord pour faire repartir les prix du brut à la hausse, conserver leurs parts de marché et redonner de l’air à leur industrie de pétrole de schiste, en grande difficulté aux niveaux des prix actuels.
Mais les entreprises américaines n’ont pour l’instant pas vraiment montré qu’elles étaient prêtes à réduire aussi leur production : selon les derniers chiffres hebdomadaires officiels, le pays extrayait encore fin mars 13 millions de barils par jour, tout près de son niveau record.
«Ce n’est pas parce qu’un tel accord est dans l’intérêt de tout le monde qu’il sera forcément trouvé», a souligné Craig Erlam, de Oanda. n