Les producteurs de pétrole parmi les membres de l’Opep et les pays non membres (un groupe dénommé également Opep élargie) n’ont que faiblement adhéré aux accords de décembre 2018 portant sur une réduction journalière de 1,2 million de barils.
A l’issue du premier mois de mise en application des décisions issues de la réunion Opep-non Opep du 7 décembre dernier, la conformité des producteurs à leurs engagements est loin de répondre aux attentes, si l’on se réfère aux chiffres de Bloomberg recueillis auprès des producteurs. Selon ces estimations, seuls 10 pays sur 21 ont pu limiter totalement leur production conformément à l’accord de décembre 2018.
Un chiffre qui en dit long sur la contribution des pays au rééquilibrage du marché, particulièrement des pays non-Opep dont la production n’a que faiblement baissé en janvier. Effectivement, le mois dernier, le taux de conformité des membres de l’Opep aux engagements du 7 décembre dernier était de 86%, contre 25% seulement chez les producteurs non membres de l’Opep. Dans la plupart des cas, l’ensemble des pays prennent octobre 2018 comme point de référence pour leurs réductions, alors qu’au mois d’octobre 2018 la production culminait déjà à des niveaux records. Faut-il rappeler dans la foulée que les accords de décembre 2018 étaient conclus après une remise en cause, durant le mois de juin de la même année, des fameux engagements de décembre 2016.
C’est-à-dire que les objectifs de production issus de la réunion de décembre 2018 sont venus après que la production ait atteint des niveaux problématiques, qui étaient d’ailleurs à l’origine de la rechute des cours dès début octobre 2018.
Les prix ont chuté de près de 40% sur le dernier trimestre de 2018, avant que les accords de l’Opep-non Opep, mis en œuvre dès janvier 2019, bien que faiblement suivis, ne limitent la casse ; les prix remontant de 20% environ depuis le début de l’année en cours. Durant le mois dernier, l’Arabie saoudite était de retour dans le jeu en assumant plus de la moitié des réductions convenues par l’Opep avec, comme perspective, de réduire davantage son offre le mois de février en cours. L’accord révisé donne une image plus précise de la conformité des producteurs par rapport à la version précédente, puisque des membres de l’Opep, l’Iran, la Libye et le Venezuela sont maintenant exemptés. La faible conformité des pays non-Opep est liée en partie à la hausse de la production du Kazakhstan le mois dernier. En outre, la Russie, qui a hérité le 7 décembre dernier de 60% des réductions non-Opep, fait de moins en moins son affaire et prévoit atteindre son objectif de production d’ici mai. C’est un peu plus lent que ne le voudrait l’Arabie saoudite qui, avec la Russie, est l’un des co-dirigeants de cette alliance Opep-non Opep. Cette alliance, faut-il le rappeler, a rétabli son pacte après une chute des prix l’année dernière, mais le groupe continue de lutter contre une production record aux États-Unis. Dans le même temps, la guerre commerciale en cours entre les États-Unis et la Chine et les signes d’un ralentissement de l’économie mondiale ont assombri les perspectives de la demande. L’Opep et ses partenaires se sont engagés à respecter leur marché actuel jusqu’en juin.
Cependant, il semble que le chemin vers le rééquilibrage du marché est encore long, étant donné que le taux de conformité aux accords continue à être faible. Au moins la moitié des producteurs ont encore du travail à accomplir, alors que la croissance de l’offre américaine risque de contrebalancer totalement l’effort des membres de l’Opep et leurs partenaires non-Opep. Le plus gros consommateur mondial de brut devient désormais premier producteur avec, au compteur, près de 12 millions de barils par jour, un record inégalé que même l’Arabie saoudite et la Russie peinent à atteindre. Le nombre d’appareils de forage pour le pétrole avait augmenté de trois au cours de la semaine menant au 15 février, portant le nombre total à 857, contre 854 précédemment. Des chiffres qui mettent l’alliance Opep-non Opep à rude épreuve.<