Par Feriel Nourine

En dépit de la fin de non-recevoir qui leur a été signifiée à plusieurs reprises, les pays de l’Union européenne ne se lassent pas de démarcher l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en vue d’obtenir plus de brut du cartel qui leur permettrait de mettre à exécution leur projet d’embargo sur le pétrole russe, tout en bénéficiant d’un recul des prix de cette énergie vitale.
La menace de rupture avec son principal fournisseur qu’est la Russie ne pouvant être exécutée que si des alternatives réelles sont dénichées, l’UE a déjà entrepris plusieurs actions du genre à l’adresse des ténors de l’Opep, dont notamment l’Arabie saoudite, chef de file de l’Organisation, faut-il le souligner. Mais la réponse à la demande occidentale, formulée par les hauts responsables européens,
a été assez explicite : les pays jugés posséder des capacités supplémentaires pour augmenter leur production ont dit non aux manœuvres de l’UE.
Ce qui n’empêche pas l’Union de revenir à la charge, une nouvelle fois, à travers des entretiens entre ses responsables et ceux de l’Opep visant à convaincre cette dernière de pomper plus de pétrole. Une tentative qui échoue à son tour face à l’engagement de l’organisation, manifesté dans le cadre de son alliance avec des pays non-membres, en l’occurrence l’Opep+.
Or, ce que tentent d’obtenir les pays de l’UE est carrément une cassure au sein de cette alliance qui résiste
à leur pression depuis quelques années dans le rôle d’un outil de régulation du marché pétrolier.
Une alliance qui doit, aujourd’hui, sa force et sa cohésion aux membres de l’Opep, mais aussi à leurs alliés dont la force repose sur un producteur nommé Russie. C’est pourquoi, aujourd’hui, les pays du cartel choisissent d’éviter toute initiative concernant l’offre pétrolière qui ne soit pas inscrite dans la démarche de l’Opep+. Autrement dit, l’Opep, c’est d’abord l’Opep+.