Face à un marché pétrolier qui redouble de volatilité, ces derniers jours, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires ont opté pour la reconduction du supplément en cours depuis le mois d’août. Pour le mois de janvier prochain, l’Opep+ injectera donc un rajout de 400 000 barils par jour à son offre, suite à la décision prise par les pays membres de l’alliance, lors de leur réunion par visioconférence tenue jeudi dernier.

Par Feriel Nourine
Une démarche qui semble surprendre de nombreux analystes dont les paris portaient plutôt sur une pause de l’Opep+ dans sa démarche d’augmentation progressive mise en place. Les retrouvailles mensuelles des 23 pays composant l’alliance ayant eu lieu dans une conjoncture marquée par un recul inquiétant des cours du brut, provoquée par l’apparition du nouveau variant de la Covid-19, Omicron, il n’était pas exclu que les producteurs renforcent leur démarche prudentielle en reportant à plus tard un nouveau supplément mensuel à leur offre. Or, et en dépit de la volatilité ambiante des cours et les risques que fait peser Omicron sur la demande mondiale de l’or noir, les pays réunis jeudi se sont mis d’accord pour assurer la stabilité du marché, tout en se gardant le droit d’intervenir à tout moment si la situation l’impose.
Autrement dit, la prudence est toujours là, et c’est ce qu’a laissé clairement entendre le ministre de l’Energie et des Mines Mohamed Arkab face à la presse. «Nous avons convenu de continuer à surveiller les situations du marché pétrolier mondial et, si besoin est, intervenir à n’importe quel moment pour établir l’équilibre du marché», a dit M. Arkab aux journalistes lors d’un point de presse organisé au siège de son département après la réunion de l’Opep+.
A noter qu’en conservant le supplément mensuel au niveau des mois précédents, les pays producteurs refusent de se plier aux exigences des pays grands consommateurs de pétrole, qui ont brandi la menace d’inonder le marché avec les réserves stratégiques pour calmer les prix qu’ils jugent trop hauts et néfastes pour leurs économies.
Depuis que les Etats-Unis, la Chine et le Japon ont annoncé avoir pris la décision de puiser dans ce type de stocks, voici quelques jours, l’événement du nouveau variant de la Covi-19 est venu reléguer au second plan l’offensive de ces trois puissances énergivores, faisant de la nouvelle donne sanitaire la principale menace pour les pays producteurs. Ces derniers ont donc naturellement agi dans une logique de riposte déployée, principalement, contre le risque de voir Omicron poursuivre son offensive et pousser la demande de brut vers un repli qui plongerait de nouveau les cours dans des bas intenables. «A l’issue de la réunion du JMMC, lors de laquelle nous avons examiné les rapports liés à la situation du marché pétrolier et le rapport du Comité technique, nous avons constaté une certaine flexibilité dans les règles régissant le marché en dépit de l’apparition du nouveau variant et le recours à l’exploitation des réserves stratégiques», a expliqué M. Arkab. Ce dernier a fait savoir, par ailleurs, que le taux de respect des engagements de baisse de la production pour le mois de novembre dernier a atteint 116%. Concernant la production de l’Algérie pour le premier mois de l’année 2022, elle passera à 972 000 bj, en hausse de 10 000 bj par rapport au mois en cours, a encore fait savoir l’intervenant. Sur les marchés, les cours réagissent à l’accord de l’Opep+ en ordre dispersé. Vendredi, au lendemain de la réunion de l’alliance, et jour de clôture hebdomadaire, le Brent de la mer du Nord pour livraison en février prenait quelques gains par rapport à la veille et terminait à 69,88 dollars le baril, en hausse de 0,30%. A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI Le West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de janvier lâchait 0,36% à 66,26 dollars. Sur la semaine, les deux références européenne et américaine ont poursuivi leur recul, cédant respectivement 3,01% et 4,14%. Le vendredi d’avant, l’or noir avait connu ses plus sombres moments depuis une année et demie, perdant plus de 10% sur une seule séance. <