Par Bouzid Chalabi
Les pharmaciens d’officine vont enfin travailler avec moins de contraintes et surtout moins de risques sur leur personne à partir du 16 août prochain, dès lors où les conditions de vente des psychotropes au niveau des officines ont été grandement clarifiées et donc ne souffrent plus d’aucune ambiguïté.
A ce propos, il y a lieu de rappeler que le décret en question a été reporté, une première fois, en avril 2020 puis, en novembre 2020, ensuite, il a fait l’objet d’une révision pour être adopté en Conseil des ministres le 5 mai 2021. « Il est aujourd’hui publié au Journal Officiel n° 36 du 16 mai 2021 avec un délai d’application de 3 mois et rendu exécutif à partir du 16 août prochain », lit-on dans un communiqué du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) signé par son président Messaoud Belambri et rendu public hier dimanche.
Il y a lieu de savoir que les pharmaciens d’officine ont longtemps attendu que le décret soit enfin adopté, car ayant fait l’objet de réticence par le fait que certains de ses alinéas montraient des signes d’ambiguïté et donc appelés à être modifiés, comme le demandait le Snapo, arguant que les pharmaciens n’étaient pas assez protégés en cas d’utilisation frauduleuse d’ordonnance, où sont mentionnées des catégories spécifiques de médicaments. Ne faut-il pas rappeler dans ce sens qu’on ne compte plus le nombre de pharmaciens agressés pour avoir refusé de répondre à la demande de personnes disposant d’une ordonnance douteuse. En clair, la vente de psychotropes au niveau des officines est devenue source de danger. C’est pourquoi le Snapo n’a eu de cesse d’interpeller le ministère de tutelle afin qu’un décret soit adopté qui puisse annihiler toute tentative frauduleuse par des personnes pour qui, en réalité, ne leur sont pas prescrits. Sur ce dernier point, il importe de rappeler que des pharmaciens et pharmaciennes se sont retrouvés poursuivis en justice et d’autres carrément incarcérés pour avoir facilité la vente de psychotropes à des personnes alors qu’en réalité ils n’ont fait que remettre des psychotropes à un client disposant d’une ordonnance. En clair, les pharmaciens sont devenus par la faute d’un vide juridique des proies faciles pour les délinquants. Ces derniers n’hésitent pas à agresser le pharmacien refusant d’obtempérer. Devant la multiplication des agressions, le Syndicat n’a eu de cesse d’alerter les pouvoirs publics, notamment les ministères concernés, à savoir celui de la Santé et de la Justice. Un dossier qui, selon le président du Snapo, attend depuis trois ans une prise en charge réelle « tant les actes d’agression n’ont cessé de se multiplier ses dernières années », avait alerté à l’époque Belamri et à chaque fois que l’occasion lui était donnée. Martelant souvent : «Il est temps de faire la différence entre la faute professionnelle et le délit. »
Disons enfin que cette fois, la mouture finale du décret correspond aux attentes des pharmaciens d’officine. La mise en exécution était d’ailleurs très attendue dans la mesure où la gestion des psychotropes devenait de plus en plus complexe et donc nécessitant un décret exécutif qui puisse tout au moins lever tout équivoque car l’intérêt du décret exécutif n’est plus à démontrer.